Jean-Michel Martin,
président de la CAPEB 49
Suite à l'étude régionale menée auprès de vos adhérents, quelle est la situation dans le Maine-et-Loire ?
La conjoncture générale est morose avec une visibilité sur le carnet de commandes qui continue à se raccourcir. 62 % de nos artisans (NDLR 1/3 des 1.300 adhérents du département ont répondu au questionnaire) ont une visibilité comprise entre 1 et 3 mois avec des métiers qui souffrent particulièrement comme ceux de la pierre. En 2009, l'effectif moyen de nos adhérents était de 6,2. En 2014, il est descendu à 4,6. Le nombre d'apprentis a diminué de 20 % sur les 5 dernières années ce qui posera problème quand il y aura un redémarrage. Un artisan sur deux voit son chiffre d'affaires baisser. Des entreprises assises depuis plusieurs générations disparaissent à l'instar de Guériff à Sainte-Gemmes-sur-Loire. La première cause de perte d'adhérents pour nous sont les procédures... La baisse des dotations de l'État n'est pas la seule explication, seuls 27 % de nos adhérents vont sur les marchés publics.
Qu'espèrent les artisans aujourd'hui ?
Ils veulent une stabilité dans les aides de l'État avec des réglementations plus simples afin de redonner confiance. Les artisans ont beaucoup d'incertitudes, ils évitent d'investir. En général, les crises dans le bâtiment s'étalent sur 3-4 ans, mais on ne voit pas le bout de cette crise qui dure depuis trop longtemps.
Nous notons des points positifs toutefois, notamment sur
les aspects environnement durable, économies d'énergies... 75 % des artisans se sentent très concernés par ces sujets depuis un ou deux ans. Le niveau d'équipements informatique/numérique est également de plus en plus élevé, 95 % d'entre eux utilisent un smartphone, plus de 52 % ont un site internet.
Comment appréhendez-vous 2015 ?
Nous sommes inquiets, les carnets de commandes sont de plus en plus légers. La situation continue à se dégrader, on entend parler d'une baisse de 45 % des constructions neuves... L'avenir nous fait peur, mais on veut y croire quand même. Le besoin est là ! On construit moins qu'il ne faudrait. Et puis, nous avons encore des entreprises qui tournent...
- TROIS QUESTIONS