pécialisée dans le traitement d'air, la start-up rezéenne Noroit séduit l'Agence spatiale européenne. Celle-ci utilisera du matériel conçu et assemblé en Loire-Atlantique pour tester la faisabilité d'expéditions humaines vers Mars. Les prochaines conquêtes de l'espace s'appuieront sur des compétences de Loire-Atlantique. Lancée en 2006 sur le marché de la conception de matériel de traitement d'air (plafonds soufflants, isolateurs,etc.) sur mesure, la start-up rezéenne Noroit a en effet séduit l'Agence spatiale européenne (ASE) dans le cadre du projet Melissa. Un vaste programme de recherche visant à créer un environnement artificiel permettant de vivre, grâce à des technologies de recyclage, en vase clos durant 18 mois. Une durée qui correspond à celle d'un aller/retour vers Mars. «L'idée du projet est de tester la possibilité de grands voyages dans l'espace», explique Pascal Sidaner, cogérant de Noroit, qui estime avoir séduit l'ASE grâce à la réactivité offerte par son statut de start-up. Pour pemettre l'avancée de Melissa, Noroit a conçu et livré, le mois dernier, un double isolateur dans lequel sera créé un compartiment de vie dont les pensionnaires seront des souris. Il sera d'abord testé sur terre, sur le site de l'université de Barcelone, puis en condition de microgravité, sur la station spatiale internationale.
Ouverture à l'international
Pour Noroit, cette collaboration, amorcée il y a un an par un contact avec un consultant indépendant sur un salon, marque un tournant. Car plus que les revenus liés à la fourniture de l'équipement, d'un prix de 50.000 € HT, elle apporte un bel éclairage à la start-up. «Cela nous amène pas mal de contacts, notamment à l'international, en Espagne. Et puis cela nous permet d'élargir au spatial nos marchés, jusque-là concentrés sur les laboratoires», souligne Pascal Sidaner, qui annonce également une diversification sur le marché des biotechs, avec le lancement, le mois dernier, d'une référence de postes de sécurité microbiologique. Tout ceci viendra soutenir le développement de Noroit. Affichant un CA de 180.000 € sur 2008, l'entreprise compte atteindre les 500.000€ à l'issue de l'exercice en cours et approcher l'équilibre. Cette progression devrait passer par une installation dans de nouveaux locaux, qui pourrait intervenir à la fin de l'année. Aujourd'hui pensionnaire d'un espace de 200m² dans la pépinière Rezé Créatic, Noroit souhaiterait trouver dans le sud Loire une possibilité de location de 400m² d'ateliers et de 150m² de bureaux. Pour porter ces développements, Noroit postule actuellement auprès du Réseau Entreprendre pour obtenir un prêt d'honneur tout en sollicitant également les banques. «Nous entrons aujourd'hui dans une phase de structuration. Ces financements nous permettront d'augmenter notre capital», poursuit le cogérant. Quoi de plus logique que d'être en plein décollage lorsque l'on a Mars en ligne de mire...
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