Pour espérer capter une part du prometteur marché de l'éolien offshore, Neopolia se met en ordre de bataille. Déjà positionné sur les marchés de la navale, du ferroviaire, de l'aéronautique et de l'oil& gaz, le cluster nazairien vient de lancer sa cinquième branche, dédiée aux énergies marines renouvelables et en particulier à l'éolien offshore. L'État n'a pas encore lancé son appel d'offres pour la réalisation de cinq parcs éoliens en France, dont un au large du Croisic, en attendant la possible réintégration du projet Vendée des Deux-Iles (lire page 5), que les industriels nazairiens se structurent.
10 milliards d'investissement
Le jeu en vaut la chandelle:l'appel d'offres représente dix milliards d'euros d'investissement. «Si on veut notre part du gâteau, il faut être prêt. C'est pour cela que l'on anticipe les choses», annonce Jean-Claude Pelleteur, président de Néopolia qui fédère 150 entreprises régionales. Mais pour véritablement peser, Neopolia et STX ont passé une convention de partenariat afin de mieux organiser l'offre du bassin nazairien en matière d'EMR (énergies marines renouvelables), qu'il s'agissent d'éoliennes, d'hydroliennes, d'énergie houlomotrices, etc. Cette convention fait de STX la tête de pont commerciale d'une cinquantaine de PME régionales.
Les navires de pose pour STX, d'entretien pour Neopolia
Néopolia entend ainsi pouvoir proposer une offre compétitive dans plusieurs domaines. «Clairement, les mâts, les rotos et les pâles, ce n'est pas pour nous. En tout cas dans un premier temps. Mais on peut proposer des offres en ingénierie de logistique, pour les sous-stations électriques, pour les fondations métalliques des éoliennes, la maintenance des parcs, etc. Surtout, là où l'on peut être le plus performant, c'est sur les navires de servitude. Des brevets ont d'ailleurs déjà été déposés», indique Jean-Claude Pelleteur. Le marché de ces navires de servitudes paraît effectivement prometteur. «Les gestionnaires de parcs sont focalisés sur les questions de sécurité. Or aujourd'hui, il n'y a encore aucun système fiable pour accéder aux mâts des éoliennes dès qu'il y a deux mètres de houle», explique Sébastien Moine, consultant du cabinet Mott Mac Donald, expert du marché de l'éolien en mer. De son côté, STX se positionne plus spécifiquement sur les grands navires de pose d'éoliennes. Localement, d'autres acteurs semblent devoir prendre leur part dans l'émergence de cette filière. Parmi eux, Alstom qui, comme nous le révélions en février dernier, devrait implanter une unité d'assemblage de nacelles à Saint-Nazaire, destinées dans un premier temps à des prototypes pour des parcs éoliens bretons. Contacté à ce sujet, Alstom ne confirme pas pour l'heure cette information.
Alliance tripartite Neopolia-STX-DCNS
Quoi qu'il en soit, un grand mouvement d'alliances et de partenariats entre acteurs industriels régionaux se fait jour afin de faire émerger cette nouvelle filière. Il y a quelques mois, DCNS et STX ont par exemple signé un protocole d'accord pour la conception et la réalisation de structures métalliques et de fondations pour les énergies marines renouvelables. Un mouvement accompagné par les collectivités et notamment la Région qui met sur la table 30 M€ pour les dix prochaines années afin de favoriser le développement des EMR et la diversification des industriels. Néopolia en est convaincu, c'est maintenant que les choses se passent. «Il y a des marchés d'études à prendre dès maintenant pour les entreprises. Et pour espérer être au prix du marché en 2015, il faut que les PME investissent rapidement», prévient Jean-Claude Pelleteur.
Concurence bretonne et normande
Néopolia et ses partenaires sont désormais en ordre de bataille mais d'autres bassins s'organisent également. 300 industriels bretons étaient ainsi réunis le mois dernier par le groupement Bretagne Pôle Naval avec pour objectif de faire éclore à Brest un pôle pouvant accueillir des lots de construction et d'assemblage d'éoliennes et d'hydroliennes. Et auHavre, les acteurs industriels du secteur devraient enregistrer l'arrivée prochaine d'un turbinier dont l'identité doit être dévoilée le mois prochain. En attendant, le lancement de l'appel d'offres imminent pour les éoliennes offshore, les grandes manoeuvres ont donc débuté pour les industriels ligériens.
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