Le sort du vaste site de quatre hectares qu'occupait la BPO à Montgermont n'est pas encore tout à fait scellé, mais une piste sérieuse de reconversion avance dans l'ombre. L'association Bâtiment CFA Bretagne, réseau de l'apprentissage dans le BTP en région, mène actuellement avec ses partenaires un projet pour y implanter le Centre de formation des apprentis (CFA) d'Ille-et-Vilaine. Historiquement basé dans la commune voisine de Saint-Grégoire, ZA du Pontay, c'est le seul des quatre CFA bretons à n'avoir pas bénéficié de rénovation depuis des décennies. Un site qui n'est plus adapté aux exigences actuelles, aux dires de ses utilisateurs.
« Rien n'est signé »
« Notre projet ambitieux d'accueillir des apprentis dans ce bâtiment avance, mais rien n'est signé à ce stade », prévient avec prudence Hugues Vanel, président régional de la FFB, partie prenante du projet à l'étude également avec la Capeb, le conseil régional, Rennes Métropole...
En septembre 2018...
La capacité d'accueil du CFA actuel, qui serait revendu, est de 800 apprentis, même s'il en accueille plutôt aux alentours de 650 en ce moment. Mais l'apprentissage a le vent en poupe et ses acteurs en région anticipent une hausse des effectifs. Le futur site pourrait en accueillir un millier. « Avant la crise, la Bretagne comptait 3.000 apprentis dans le bâtiment (Ndlr, sur 18.000 au total). Un chiffre tombé à 2.400 en 2015 », explique Hugues Vanel dont l'objectif est de remonter au niveau d'avant-crise. Ce projet, qui pourrait voir le jour à la rentrée de septembre 2018, va y contribuer.
« Une épave énergétique »
Le montant à investir est en cours d'estimation, mais il pourrait se situer à plus de dix millions d'euros d'après nos calculs. Car il s'agit de réhabiliter entièrement « une épave énergétique » aux dires de connaisseurs. Ce bâtiment consomme en effet 814 kW/m²/an quand la RT2012 en préconise 50... Il a donc un indice de performance énergétique « I ». Du jamais vu ! Une formidable occasion d'en faire une vitrine 2.0 de la rénovation énergétique, thème très en vogue. « Mon souhait profond en tant que défenseur du Bâtiment est que nos apprentis quittent les zones industrielles pour avoir pignon sur rue », insiste également Hugues Vanel, très occupé par ce dossier sensible. La démolition de l'ancien siège de la BPO, un temps envisagée, ne paraît plus du tout à l'ordre du jour tant son architecte Odile Decq a été défendue.