Après avoir pâti de la crise en 2009, qui a considérablement affecté son CA, mais n'a pas entraîné de licenciement, MicroSpire connaît depuis 2010 une belle progression. «Fin octobre, nous avons atteint notre CA d'avant la crise et le prévisionnel pour 2011 est en hausse de 40% par rapport à 2010», indique François Vignaud, directeur du site d'Illange. La société spécialisée dans la conception, la commercialisation et la production d'inductances et de transformateurs pour des applications de haute performance en électronique professionnelle peuvent ainsi envisager d'affronter les nouvelles difficultés économiques avec sérénité. «Nos domaines sont moins proches de la consommation courante, nos échéanciers sont longs. Plus le cours du baril est élevé, plus on a d'investissements de recherches.»
Marchés de niche
Fondée il y a 35 ans, MicroSpire est entrée dans le giron du groupe Exxelia début 2008, lors du départ à la retraite de son fondateur, qui a cherché «un groupe ayant la même stratégie que celle qu'il avait mise en place», explique François Vignaud. Ainsi, MicroSpire évolue principalement sur des marchés de niche: l'aéronautique civil et militaire, la recherche de pétrole, la recherche spatiale, le ferroviaire, le médical, l'industrie en B to B. «Nos composants sont très pointus. Ils sont voués à être montés dans des applications précises des clients pour des systèmes plus complexes.» L'autre aspect stratégique consiste à travailler en partenariat avec les clients et à développer le contact avec les bureaux d'études. «L'objectif est d'avoir une longueur d'avance en terme de technicité sur nos concurrents en matières d'innovation, de taille et de prix; et de respecter les contraintes spécifiques selon les domaines.» MicroSpire a développé un partenariat avec un laboratoire de recherches grenoblois afin de lancer des projets d'études en amont. «Nous accueillons des thésards et des post-docs, mais ils constituent une denrée rare. Nos travaux nécessitent souvent d'aligner plusieurs sujets pour aller plus loin.Les idées ne manquent pas. Nous travaillons par exemple sur la compatibilité des technologies pour éviter les risques d'incompatibilité des matériaux entre eux à long terme.»
Site pilote
Affichant la volonté d'être leader plutôt que suiveur, l'entreprise recherche des moyens d'atteindre les objectifs de satisfaction des clients. «Quand ces moyens sont développés, on en fait profiter le groupe.» La fabrication quant à elle, se fait dans l'usine de Casablanca (Maroc), propriété historique de MicroSpire. Exxelia dispose d'une seconde unité délocalisée pour l'activité des autres sociétés. «Cette orientation nous permet de défendre nos marges et de proposer des prix intéressants. Notre structure économique en dépend.» Aujourd'hui, l'entreprise mosellane affiche la volonté d'aller plus loin. «Nos clients nous demandent des produits encore plus low cost ou en pur dollar, pour lesquels il n'y aurait pas de conversion à assurer, réduisant les fluctuations des marges.» L'entreprise réfléchit donc à l'ouverture d'une entité en Asie dès 2012, par le biais d'une joint-venture.
Un pied en Amérique
L'objectif global du groupe, dont les sociétés interviennent sur les mêmes marchés, mais avec des produits différents, est bien évidemment le développement. Dans cette optique, il vient de racheter une société américaine, qui va lui permettre de s'implanter aux États-Unis pour y distribuer ses produits. «Les filiales sont autonomes pour élaborer leur stratégie. La politique du groupe n'est pas de venir perturber une entité dynamique pour développer une nouvelle activité», souligne François Vignaud, faisant allusion à l'hypothèse de l'implantation sur son site d'une usine de fabrication de super-condensateurs, dans le cadre du partenariat passé entre la Région et Exxelia pour l'accueil du groupe ukrainien Yunasko (voir page Région).
MicroSpire
(Illange) Effectif: 80 personnes CA 2010: 13,5M€ www.microspire.com