En redressement judiciaire depuis septembre 2015, la PME stéphanoise spécialisée dans la maintenance/reconstruction de machines outils (80 % du CA) et dans la fabrication de presses adiabatiques (système de découpe à grande vitesse obtenu grâce à une élévation de la température dans un laps de temps très court), appartient depuis quelques semaines à MetalValue (67 % du capital). Une start-up parisienne avec laquelle l'entreprise stéphanoise était en discussion commerciale depuis plusieurs mois pour la signature de commandes importantes.
Dans cette reprise, Metalvalue a injecté un million d'euros dans le capital. Yannick Meyer et Ludocic Lazzarotto ont conservé, respectivement, 28 et 5 % des parts de la société constituée de trois marques : Adiapress, TNB et MPM. Le plan de continuation prévoit un remboursement sur huit ans des quelque 2 millions d'euros de créances enregistrées. « Comment en sommes-nous arrivés au redressement judiciaire ? L'histoire est malheureusement classique. Nous avons bien supporté la crise de 2008. Beaucoup moins celle de 2013. Malgré une bonne année 2014 et un premier semestre 2015 excellent, nous n'avons pas pu faire face à un deuxième semestre catastrophique. Plusieurs gros clients ont repoussé leurs investissements. Or, nous n'avions plus de réserves depuis 2013 pour passer ce nouvel écueil sans encombre », Ludovic Lazzarotto, directeur général du Groupe Meyer France, reconstruit, avec émotion, le chemin qui les a conduits, lui et son associé, à céder la majorité du capital de leur entreprise née de l'absorption en 2007 d'Adiapress par Meyer France.
Cession
« Metalvalue devrait nous apporter une forte activité sur la partie adiabatique, tout en faisant progresser également le chiffre d'affaires retrofit », se réjouit Yannick Meyer. Start-up créée en février par Alain Honnart, un ancien de Vallourec, MetalValue porte en effet un projet ambitieux sur les poudres destinées à la fabrication additive de pièces pour l'industrie mécanique et aéronautique. Objectif : amener le prix de la poudre à celui de la barre forgée grâce à un procédé innovant. Après la reprise de l'usine suédoise Bofors Bruk, MetalValue doit lancer sous peu la production de pièces sur un nouveau site situé à Estain, en Lorraine (investissement de 10 millions d'euros).
D'autres sites sont en prévision. Tous seront équipés de presses adiabatiques... D'où le rapprochement avec la PME stéphanoise Meyer France. En 2016, MPM devrait réaliser un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros avec un résultat net à l'équilibre et entend bien retrouver son niveau de 2012, 12 millions d'euros, sous trois ans.