L'agence interactive Mazedia fait sensation en rachetant de Bertaud & Associés, une des agences conseil doyennes du paysage nantais. La direction de celle-ci sera confiée à Benoît Huret, l'ancien patron de DDB Nouveau Monde. Vincent Roirand, président de Mazedia, revient sur l'opération.
Bertaud & Associés, c'est un dossier que vous regardiez depuis longtemps?
Il y a un an, Mazedia a décidé d'élargir son champ d'action vers la communication globale en procédant par croissance externe. Nous avons approché Bertaud & Associés en janvier2010 avant de conclure un protocole de rachat en juillet, puis de finaliser l'opération le 30septembre. Bertaud & Associés, qui compte aujourd'hui une dizaine de collaborateurs pour 700.000 € de marge brute en 2009, est désormais contrôlée par notre holding Capitan. Nous avons également racheté les locaux de l'agence, à Carquefou. Mais nous allons les revendre: ses équipes rejoindront à terme notre site de Saint-Herblain.
Pourquoi avoir choisi la croissance externe plutôt que la création ex-nihilo?
En optant pour la création, nous n'aurions jamais eu d'emblée l'image d'une vraie agence experte et communication globale. D'autre part, cela nous aurait coûté très cher de développer une activité débutant avec 0 € de marge brute en portefeuille.
Reste que Bertaud & Associés est déficitaire (NDLR: 132.000€ de perte nette en 2008, 330.000 € en 2009). Y a-t-il des dettes et comment va se faire la relance?
Les pertes de Bertaud étaient financées correctement et ne dépendaient pas d'emprunts extérieurs. Il n'y a donc pas de dettes. Sur les deux prochaines années, nous allons investir entre 300.000 et 400.000 € dans l'activité, en faisant appel à des soutiens bancaires classiques. L'idée est de porter sur la période les effectifs à une vingtaine de collaborateurs et de partir en conquête, en allant sur des marchés où notre logique de groupe, alliant agence digitale et agence conseil, va faire la différence. À terme, nous devrions avoir retrouvé une marge brute d'environ 1,6M€.
Pour mener cette relance, vous avez choisi de faire appel à Benoît Huret, l'ancien patron de DDB Nouveau Monde. Pourquoi?
Ma problématique, c'est que le marché des agences conseils est très spécifique et concurrentiel. Et il fallait aborder le problème avec un niveau de professionnalisme ne souffrant pas d'ambiguïté. Nous avons donc trouvé un accord avec Benoît Huret, qui développait depuis son départ de DDB une activité de conseil. Il va piloter la structuration de l'agence pendant un an et demi et entrera à son capital. Au terme de cette mission, il retournera à son activité.
Que devient Jean-Pierre Zammit, le président de Bertaud & Associés?
Il quittera l'agence. Pascale Humbert, conserve, elle, ses fonctions de directrice du développement.
Bertaud & Associés conservera t-elle son identité?
Nous réfléchissons à ce sujet. Je pense qu'il va falloir trouver un moyen de faciliter la lecture de l'offre du groupe. Il va probablement y avoir des besoins de rapprochement en termes de noms et de marque. Nous devrions avoir finalisé cette réflexion en janvier prochain.
Quels sont désormais les objectifs du groupe?
J'ai dit il y a un an que notre objectif était de doubler de taille sous trois ans pour atteindre 80 collaborateurs. Avec ce rachat, nous sommes désormais une cinquantaine au sein du groupe pour une marge brute qui devrait atteindre cette année environ 3,5M€. Il nous reste donc deux ans pour grandir encore plus. Nous avons des projets actuellement très fort, soit par croissance organique, soit par croissance externe. Paris nous intéresse beaucoup.