Manitou : Le groupe ancenien se rêve deux fois plus gros
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Manitou : Le groupe ancenien se rêve deux fois plus gros

Mécanique À l'occasion d'un rassemblement international en Espagne, Manitou a dévoilé sa stratégie pour atteindre l'objectif de doubler de taille d'ici à 2015.

Manitou va mieux, beaucoup mieux. Pour le faire savoir, le groupe ancenien, leader mondial du chariot tout terrain, a organisé, fin mai, sa première convention internationale, à Huelva dans le Sud de l'Espagne. Un événement majeur, doté d'un budget de plus de 3millions d'euros, qui a rassemblé plus de 1.200 invités venus des quatre coins du globe (clients, concessionnaires, fournisseurs, financiers, journalistes, etc.). Une opération de communication et une démonstration de force voulue par Jean-Christophe Giroux, directeur général, de Manitou. L'occasion pour le groupe d'envoyer un message fort à l'adresse de ses partenaires. Sévèrement chahuté durant la crise, Manitou entend prendre une nouvelle dimension avec l'objectif de doubler ses revenus à l'horizon 2015, pour passer de 1,1milliard à 2,2milliards d'euros!






Course à la croissance

Un pari audacieux, à l'heure où la conjoncture en Europe, coeur d'activité de Manitou, n'incite pas à un optimisme béat. Mais Manitou rassure. «Doubler de taille, cela passe par des partenariats ou des acquisitions. Et nous en avons les moyens», prévient Jean-Christophe Giroux. La crise a laissé pourtant quelques traces. «Jusqu'à 2008, on a cru que les arbres poussaient jusqu'au ciel. Je doute qu'on retrouve de tels niveaux», souffle ce concessionnaire du centre de la France. D'autres croient au contraire à la dynamique de Manitou. «Jean-Christophe Giroux a donné une nouvelle impulsion. Ce rassemblement permet de fédérer autour d'un objectif commun», souligne Jean-Philippe Clénet, concessionnaire Manitou à Angers. Pour s'engager dans la course à la croissance, Manitou a dû se mettre en ordre de marche. Une nouvelle équipe dirigeante a été recrutée par Jean-Christophe Giroux avec notamment l'arrivée d'Éric Lambert, passé par Renault et Dacia, à la tête de la division tout-terrain qui représente 70% des revenus du groupe. De gros efforts ont également été faits pour éradiquer certains défauts de qualité. Et les problèmes de retard de livraison sont en passe d'être réglés. «En six mois, nous avons divisé par deux nos délais grâce à de meilleurs process», assure Fernand Mira qui dirige l'usine d'Ancenis.






200 recrutements

Pour faire face à la croissance, le groupe ancenien embauche. «J'ai 200 postes en recrutement. Principalement sur les fonctions supports. Et depuis le début de l'année, 100 opérateurs intérimaires nous ont rejoints à Ancenis. Et chez nous, l'intérim, c'est de la préembauche», souligne Jérôme Tertrais, DRH du groupe. Véritable "boulet" au moment de son acquisition en pleine crise, la filiale américaine Gehl est devenue un atout pour le groupe ancenien, ses effectifs ayant bondi de 400 à 700 salariés en deux ans. Dans un groupe familial, l'objectif de doubler de taille effraie pourtant certains. «On évolue en apportant au glamour français un peu de rigueur allemande et japonaise, de l'efficacité américaine et du style italien», rassure Jean-Christophe Giroux. Le rassemblement de Huelva constitue l'An 1 de Manitou. Muet ou quasiment jusqu'en 2009 et l'arrivée d'un nouveau management, le groupe ancenien ne craint plus désormais d'afficher ses ambitions. Si importantes soient-elles.

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(Ancenis) Dg: Jean-Christophe Giroux 3.200 salariés CA 2011: 1,13 Md€ 02 40 09 10 11

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