Après les difficultés traversées par LMtv l'an dernier, comment se porte la chaîne financièrement?
Nous avions bénéficié à l'époque d'une subvention exceptionnelle de 100.000€ du département pour faire face à nos difficultés, tout en profitant d'une hausse de 32% de nos recettes publicitaires. Cette année, il faut prendre en compte que nous fonctionnons sans cette aide du Conseil général et que la dotation de la municipalité duMans diminue de 5%, contre 10% les autres années. Sur un budget de 1,1M€, il nous faut donc trouver 530.000€ de recettes publicitaires pour atteindre l'équilibre.
Équilibre qui reste donc fragile. N'est-ce pas le modèle économique des télévisions locales qu'il faudrait remettre en cause?
Notre modèle économique actuel associant public et privé, celui qui est d'ailleurs soutenu par le CSA, est en phase de lancement. Nous avons besoin du soutien des collectivités, le temps que le marché publicitaire s'adapte à ce média. Les annonceurs doivent aussi comprendre que la TV locale est un média de proximité et que les recettes publicitaires de LMtv ne sont qu'une goutte d'eau dans le marché local.
Vous inaugurez une nouvelle grille, plus proche de celles des autres TV locales.
Nous avons en effet lifté la grille en thématisant chaque journée. Nous mettons ainsi en place une quotidienne de 18h à 20h, un vrai point de repère dans cette nouvelle grille. Et chaque semaine, une rencontre avec un chef d'entreprise. Bref, le produit est nouveau, mais le moteur reste le même.
Le CSA a validé cet été un projet de télévision locale à Alençon porté par LMtv. Pourquoi cette création?
Le bassin économique alençonnais est cohérent pour développer un tel projet; le nord Sarthe et l'Orne sont deux territoires fonctionnant ensemble. C'est un projet conduit via notre filiale Le Maine TV qui va nous amener 250.000 téléspectateurs qui s'ajouteront aux 1.800.000 que nous touchons déjà en Maine-Anjou-Tourraine. En la matière, nous avons la meilleure couverture locale de France après Marseille.
Comment fonctionnera LMtv Orne?
Nous aurons un bureau à Alençon avec un staff réduit dans un premier temps. Les programmes seront bien entendu mutualisés avec une demi-heure de production ornaise quotidienne au début. Le but est qu'Alençon prenne son envol rapidement, indépendamment duMans. J'espère que nous pourrons démarrer début 2011.
Avec quel budget?
267.000€ la première année pour passer à 400.000€ sur quatre ans. Ce qui est très raisonnable.
Contact LMtv (LeMans): 02.43.83.43.88 www.lmtv.fr
Là où d'autres chancellent, la télévision locale sarthoise semble redresser la barre et essaime dans l'Orne. Entretien avec Pascal Brulon, directeur de LMtv.