Libre Énergie cherche aujourd'hui à s'affranchir du photovoltaïque. Créée en 2007 par Frédéric Chéreau et Bruno Grimaud, cette entreprise d'installation de panneaux solaires a pourtant connu un rapide essor. Son chiffre d'affaires a ainsi presque été décuplé en trois ans, passant de 650.000€ en 2008 à 6,3M€ en 2010. Le problème, c'est que le gouvernement vient de mettre fin à la croissance exponentielle du secteur, en abaissant le crédit d'impôt des centrales solaires ainsi que le prix de rachat de l'électricité. «Le marché s'est arrêté du jour au lendemain. C'est psychologique, car le photovoltaïque reste très rentable», relate Frédéric Chéreau. Toujours est-il que le dirigeant nantais, qui a pour l'instant supprimé trois postes de contrats à durée déterminée, n'a pas d'autre choix que d'aller chercher ailleurs de nouveaux relais de croissance.
Une marque pour l'isolation
De façon assez naturelle, il vient de se lancer sur le marché des économies d'énergie. Sous la marque Isolati, Libre Énergie propose ainsi de l'isolation par l'extérieur et des ventilations double flux pour le marché régional de l'habitat. Un marché que le dirigeant espère voir se développer grâce à la mise en place, depuis le début de l'année, des étiquettes énergétiques pour les logements. En parallèle, la PME élargit son bouquet d'énergies renouvelables au solaire thermique, au petit éolien et, plus original, à la micro-cogénération. Suite à un accord de distribution avec le fabricant néo-zélandais Whispergen, Libre Énergie commercialise des chaudières qui, outre leur fonction principale, produisent... de l'électricité! Un moteur à combustion externe utilise en effet la chaleur de l'appareil pour dégager 2.500kw/h de courant par an. «Cela correspond à la moitié de la consommation d'un foyer de quatre personnes», assure Frédéric Chéreau. Mais, celui-ci ne s'en cache pas, ce système est encore handicapé par son prix, deux fois et demi supérieur à une chaudière classique. «Le marché français n'existe quasiment pas. Soixante machines ont été vendues l'an dernier, la plupart pour GDF qui voulait les tester. D'autres pays s'en tirent mieux comme la Belgique, où se sont commercialisées 1.000 machines en 2010», poursuit le dirigeant nantais qui ne s'attend pas à ce que le marché décolle avant la fin 2012.
Cap sur le Maroc
D'ici à là, il mise davantage sur l'international, où le bureau d'études de Libre Énergie espère glaner des marchés d'habitat isolé. Notamment au Maroc, où le Nantais cherche à doter d'équipements de production (éolien, solaire, groupe électrogène) des petits villages non raccordés au réseau. Objectif de Frédéric Chéreau:maintenir le chiffre d'affaires au niveau enregistré en 2010. Les nouvelles activités doivent y contribuer pour 20% cette année, pour 40% en 2012.
Libre Énergie
(Bouguenais) Gérants: Frédéric Chéreau et Bruno Grimaud 19 salariés 6,5M€ de CA 02 51 71 76 27