Bien gérer ses effectifs
La population des travailleurs handicapés dans une entreprise n'est pas figée. Elle demande un suivi régulier pour anticiper et réguler son évolution. «Quelques départs en retraite, une reconnaissance de handicap non renouvelée et l'addition peut monter très vite», prévient Laurent Rabaglia, fondateur d'Initiatives Handicap, une société qui accompagne les entreprises dans leur politique de handicap.
Profiter des dépenses déductibles
Actions de sensibilisation, communication, formation, études ergonomiques, aménagements de poste ont l'avantage d'être déductibles de la contribution tout en permettant d'enclencher une politique handicap lourde. «Elles représentent une manne financière sous-utilisée par les entreprises», estime Laurent Rabaglia.
Briser le silence
En communiquant sur le handicap, en se montrant «handiaccueillantes», les entreprises peuvent inciter leurs propres salariés à identifier, déclarer et faire reconnaître leur handicap. «Nous avons mené dans nos murs une campagne d'affichage sur le handicap, en collaboration avec Agefiph, pour faire changer les regards sur les travailleurs handicapés. En instaurant un climat de confiance, en démystifiant le handicap, nous avons amené certains de nos salariés à nous faire part de leurs soucis de santé - diabète, sciatique, asthme sévère, surpoids... - qui ont été reconnus comme des handicaps», explique Audrey Hass, gestionnaire RH du site de CCA International (spécialiste des centres de relations clients), à Amiens.
Avoir recours à la sous-traitance
Passer des contrats de sous-traitance avec des entreprises du secteur adapté ou des Esat (anciens CAT) est un important levier pour réduire sa contribution Agefiph. Ces structures proposent des services très diversifiés et il est possible d'évoluer de la sous-traitance vers une collaboration plus étroite en détachant des travailleurs handicapés au sein de l'entreprise où ils assurent des séquences des process de production. C'est la solution choisie par la société DV qui conditionne et commercialise des produits régionaux à Vertou (44). «À la création de l'entreprise, en 1995, j'ai contacté une Esat pour conditionner mes produits et me suis installé dans leurs locaux. Par la suite, l'entreprise s'est développée et nous nous sommes installés dans nos murs où l'atelier de travailleurs handicapés communique avec l'atelier de travailleurs valides. Actuellement, je suis à la recherche de locaux plus vastes dans lesquels les deux populations seront complètement mêlées. Deux éducateurs spécialisés assurent le suivi permanent des travailleurs handicapés pour adapter les méthodes à chaque type de handicap: déficience visuelle, troubles mentaux, problèmes moteurs... Sur 70 salariés, j'emploie 20 travailleurs handicapés, plus un atelier déporté en Bretagne qui conditionne la confiserie», explique Damien Vergnault, le PDG.
Étudier les formes alternatives
Proposer stages, contrats de professionnalisation ou d'apprentissage à des personnes handicapées donne droit à des aides complémentaires importantes tout en favorisant un recrutement au fil de l'eau.
Pour atteindre 6% de travailleurs handicapés dans leur effectif, les entreprises peuvent actionner plusieurs leviers. Certaines sont méconnues malgré leur efficacité.