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Les criées de la Turballe et du Croisic sauvées par le net
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Les criées de la Turballe et du Croisic sauvées par le net

Cela fait 30 ans qu’elles n’avaient pas affiché de si bons résultats. Proches de la faillite il y a encore sept ans, les criées de la Turballe et du Croisic vont mieux, grâce notamment aux commandes sur internet.

« Quand je suis arrivé à la direction en 2011, on payait encore un abonnement au minitel », se souvient Max Palladin. Depuis le directeur des criées du Croisic et de la Turballe a fait le ménage dans la gestion des deux criées, et en a profité pour installer le net et un service de vente à distance. De quoi sortir la tête de l’eau et empêché les criées de couler définitivement. Aujourd’hui la vente par internet représente près de 50% du tonnage au Croisic et 35% de la Turballe alors qu’elle était quasi inexistante il y a quatre ans.

Des prix en hausse de 9% en 2016

C’est la progression de ces achats à distance qui a fait augmenter les prix. En 2016, les ventes cumulées des deux criées gérées sont restées stables à plus de 11 000 tonnes, mais ont enregistré une progression de 9% en valeur grâce à une hausse des prix moyen à la première vente. Une progression bien meilleure que les criées de Vendée et de Charente-Maritime.

À La Turballe, 9 300 tonnes de sardines, merlus, thons, anchois, sans oublier des maquereaux, des calmars, congres, soles et dorades se sont échangées l’an dernier. La criée du Croisic, spécialiste en crustacés vivants, vend, elle, principalement des langoustines, 440 tonnes par an soit 30% de son activité, ainsi que des sèches, des araignées et des coquilles Saint-Jacques, avant tout aux poissonniers de la région.

Des perspectives plutôt bonnes en 2017

Pour les deux criées, les perspectives pour 2017 sont « plutôt bonnes », estime Max Palladin, directeur de Loire-Atlantique Pêche et Plaisance, la société d’économie mixte créée par une délégation de service public en 2010. Si le directeur n’ose pas s’avancer plus que cela, c’est parce qu’il sait que la pêche est une activité aléatoire. Tout dépend bien évidemment des conditions météo, mais aussi des quotas définis par l’Union Européenne à chaque fin d’année. Cette année, ils devraient augmenter pour la langoustine et le merlu. Mais pas encore pour le bar et le thon rouge. Une décision qui serait incompréhensible pour le directeur des deux criées. « Les pêcheurs pêchent tellement de bars et de thon rouge qu’ils sont obligés de changer de zone de pêche pour ne plus en avoir dans leur filets », s’agace celui qui est aussi biologiste et océanologue de formation.

Le projet Valpêche en sommeil

Ce sont aussi les quotas européens qui vont l’obliger à décaler le lancement du projet Valpêche. Estimé à 3 millions d’euros, ce projet de traitement des invendus de la pêche, qui aurait dû se concrétiser cette année, est en sommeil. Max Palladin craint que la pêche de la sardine soit à la fin de l’année, pour la première fois encadrée par des quotas. Or le projet repose essentiellement sur la sardine. « Les Espagnols en ont pêché trop, je crains que des quotas soient donc mis en place. Dans ce cas, le projet Valpêche n’aurait plus de sens », analyse-t-il.

Cherche jeune pêcheur pour reprendre activité

Au-delà des quotas, ce qui inquiète encore plus Max Palladin, c’est la baisse inexorable du nombre de pêcheurs. En 2009, le port de la Turballe, le 8ème de France en tonnage, a perdu la moitié de sa flotte, à cause d’une chute des stocks d’anchois, première espèce alors pêchée. Aujourd’hui l’activité est rentable pour les 20 pêcheurs turballais. Mais personne n’est prêt à les remplacer quand ils partiront en retraite. « Pour l’avenir des criées, il va falloir convaincre des jeunes d’investir 3 millions d’euros dans un bateau », résume Max Palladin.

La plaisance ne génère aucun bénéfice

Plus de pêcheurs permettraient à la société d’économie mixte d’être un peu plus rentable. Car c’est avec la « taxe criée » qu’ils paient que la SAEM Loire Atlantique Pêche et Plaisance se rémunère. Côté finance, cela fait cinq ans que la PME qui emploie 35 salariés, améliore ses résultats. L’an dernier, elle a réalisé 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et 200 000 euros de résultats bruts, sans compter les amortissements. Détenue à 60% par le Conseil général de Loire-Atlantique ainsi que par la Caisse des dépôts et consignations, le Crédit mutuel, et les mairies du Croisic et de la Turballe, la société d’économie mixte a investi 7 millions d’euros en sept ans dans la rénovation des lieux. La PME, qui dépense 400 000 euros par an pour gérer l’entretien des ports, du froid, la manutention, ne peut pas compter sur les ports de plaisance pour améliorer ses résultats. Les taxes de mouillage des 3 100 bateaux de la Turballe et du Croisic, ne rapportent que 140 000 euros par an. Pas suffisant pour couvrir les frais de dragage des ports ou même la rénovation de l’Estacade du Croisic estimée à 350 000 euros.

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