Marc-Antoine Troletti Président de la FRTP
Quelle est aujourd'hui la situation des entreprises de travaux publics? Nous enregistrons en 2010 une baisse de l'activité significative de l'ordre de -6%. Le niveau moyen des carnets de commandes est au niveau d'avant 2007, donc plus court de quatre à cinq mois, ce qui n'est pas une situation anormale. Il va falloir s'y habituer. Mais le véritable problème reste la chute des prix qui, elle, atteint près de 20%. Nous travaillons aujourd'hui à des prix inférieurs à ceux de 2005.
Comment expliquez-vous cette situation? Les premiers coupables, ce sont les entreprises elles-mêmes! Elles ont scié la branche sur laquelle elles étaient assises et si le mouvement ne s'arrête pas cela fragilisera encore nos PME. La baisse des prix ne se justifie pas, elle relève avant tout d'un manque de sang-froid. Avec la baisse d'activité les entreprises ont préféré baisser leurs prix pour remplir leurs carnets de commandes. Une baisse dont les maîtres d'ouvrage se délectent, au risque de rompre l'équilibre économique.
Comment se comportent aujourd'hui les collectivités publiques qui sont vos grands donneurs d'ordres?
Au niveau de la commande publique, ça ne s'arrange pas. Les budgets d'investissements sont en baisse, notamment au niveau du département. Or, beaucoup de petites communes dépendent des subventions du Conseil Général. Elles n'ont pas la culture de l'endettement pour investir alors qu'il y a de l'argent et que les taux sont très bas. Il s'agit véritablement d'un problème culturel. Pourtant les besoins sont là, les projets sont identifiés... Au final, la dégradation des relations entre maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre et entreprises est très inquiétante.
Entretien réalisé par G.D.
- TROIS QUESTIONS À