Phileas. Comme le héros de Jules Verne. C'est le nouveau nom du Studio T.Pour l'agence bretonne filiale du groupe Télégramme ce changement sur la forme scelle un repositionnement stratégique amorcé il y a plus d'un an. Son ancien nom était connoté. Phileas se veut être une agence de conseil en création, pas un studio de création graphique. Ces derniers mois, Benoît Roby, directeur général, et Sylvie Lyautey, directrice générale adjointe qui a rejoint Brest cette année, ont d'ailleurs fait évoluer les compétences pour «muscler la partie conseil» et la «valeur ajoutée créative». Un planneur stratégique à Rennes, un directeur digital et un directeur conseil à Paris ont ainsi été recrutés.
La reconquête de l'Ouest
Cette évolution stratégique, Benoît Roby l'a voulue pour s'extraire de la dépendance au secteur de la grande distribution, l'activité numéro1 de l'ex-Studio T. «C'est un marché disputé en termes de prix. On se bat avec des gens qui font faire le travail de montage en Tunisie ou en Pologne. Le secteur est amené à bouger. Quand votre premier client vous dit, "dans vingt ans, je ne ferai plus de catalogues pour les boîtes aux lettres", il y a forcément un fond de vérité», explique Benoît Roby. C'est donc le zéro prospectus de Michel-Édouard Leclerc qui a poussé le Studio T à devenir Phileas. Une volonté qui se double d'un repositionnement géographique dans l'Ouest de la France. Début 2012, l'antenne de Sarreguemines en Lorraine (deux personnes) va fermer. «C'est difficile de pouvoir mener plusieurs combats de front», explique Benoît Roby. «L'objectif est de se focaliser sur les sources de business sur l'axe Rennes-Brest», poursuit-il. L'agence est également présente à Paris, Lyon, Toulouse et Quimper. «À Nantes, en revanche, on courbe l'échine pour mieux rebondir. On a regroupé l'ensemble des personnes à Rennes.»
Conforme au business plan
Pour aller chercher les budgets de taille moyenne en région, le dirigeant mise sur une agence calibrée à 50 personnes contre un effectif de 65 il y a quelques années. Philéas joue aujourd'hui le jeu de l'externalisation sur des métiers spécifiques comme le web. Un partenariat opérationnel a d'ailleurs été noué avec l'agence brestoise digitale Yellowcake Concept. Et si la marge brute doit baisser de l'ordre de 5 points en 2011 (à 4,6M€ contre 4,9M€ l'an dernier), cela n'inquiète pas l'équipe dirigeante. «Notre business plan sur trois ans prévoyait une baisse de chiffre d'affaires. On fera mieux que prévu». L'objectif est d'atteindre un bon niveau de rentabilité à partir de 2013.
Phileas
(Brest) Dg: Benoît Roby 50 salariés 4,6M€ de marge brute 02 98 33 74 04