«Densifier les livraisons pour en réduire le coût», voilà résumé d'une phrase tout l'enjeu que représente pour la place havraise la mise en service en 2013 du terminal multimodal. En ligne de mire, la possibilité offerte aux opérateurs de fret de proposer des offres sur un lieu unique trimodal (fer, fleuve, route) agissant comme une véritable «gare de conteneurs», explique Charles Masse, président de la société LH2T (LeHavre Terminal Trimodal) en charge de la réalisation du projet.
Une navette ferroviaire innovante
«La difficulté aujourd'hui, explique l'aménageur, c'est de faire des chargements entiers vers les différentes destinations». Pour y parvenir, les opérateurs ont recours au cabotage fluvial, au brouettage par camions ou encore agrègent des trains à partir des terminaux maritimes. «Tout cela coûte très cher et n'est guère propice au développement des offres alternatives à la route...». Le futur terminal, lui, innove en proposant un approvisionnement par navette ferroviaire reliant l'ensemble des terminaux havrais, zone portuaire et industrielle comprises, avant l'éclatement des marchandises sur l'Hinterland. «Ceci n'a jamais été fait en France», insiste l'ancien d-g de Projenor (filiale de Crédit Agricole Immobilier), société actionnaire avec le GPMH et la Caisse Régionale du Crédit Agricole Normandie Seine de LH2T. Au final, l'ensemble est «sous maîtrise de la société d'exploitation et donc pas tributaire du réseau ferré national! C'est l'assurance d'un gain de productivité et d'efficacité extrêmement élevé», explique Charles Masse qui détails ses ambitions en termes de volumes: «Nous allons démarrer avec 126.000 boîtes (environ 200.000 EVP) pour monter à 200.000 (260.000 EVP) dans une première phase. Ensuite, il faudra élargir le terminal»!
Vingt trains entrant et sortant par jour
À termes, l'ensemble sera constitué, outre une zone de stockage, de deux postes à quai fluviaux de 200m chacun équipés de quatre portiques, d'une cour ferroviaire équipée de huit voies (et deux portiques supplémentaires) ainsi que d'un faisceau de réception ferroviaire permettant la traction des trains sur le terminal. Objectif annoncé: Traiter vingt trains entrant et sortant chaque jour. Pour Charles Masse, le succès de l'opération ne fait aucun doute: «Aujourd'hui la demande est relativement forte alors même que la fiabilité du système en limite l'efficacité. Pour l'avenir c'est un atout pour LeHavre qui ne peut pas se permettre d'avoir une offre multimodale aussi faible. C'est même vital car il y a une réelle attente des chargeurs».
Guillaume Ducable
La plateforme multimodale duHavre devrait être opérationnelle dès 2013. Un choix stratégique pour le GPMH et les opérateurs de fret qui parient sur une demande croissante des chargeurs pour les modes alternatifs à la route.