L’activité reprend sur le site Michelin de Blavozy en Haute-Loire, mais les inquiétudes demeurent chez les salariés
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L’activité reprend sur le site Michelin de Blavozy en Haute-Loire, mais les inquiétudes demeurent chez les salariés

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Après six semaines d’arrêt de production, les 500 salariés du site Michelin de Blavozy (Haute-Loire) reprennent progressivement leur activité. L’année 2025 s’annonce toutefois délicate avec un prévisionnel de commandes aussi bas qu’en 2024 et un nouveau procédé de fabrication qui pourrait impacter à terme les besoins en main-d’œuvre.

Le site Michelin de Blavozy a été contraint de mettre en pause sa production pendant six semaines entre fin 2024 et début 2025 — Photo : DR

Après six semaines d’arrêt, l’activité a repris, lundi 6 janvier, au sein de l’usine Michelin de Blavozy, en Haute-Loire. "L’activité redémarre en sifflet jusqu’à mercredi. Ce qui veut dire que l’on reprend progressivement les différentes étapes qui vont de la préparation, à la confection et cuisson. Le retour a une production normale est vraiment attendu pour la fin de cette semaine", détaille Hervé Bancel, délégué syndical CGT du site de Blavozy.

Confrontée à "une baisse conjoncturelle des commandes", l’usine du groupe auvergnat, spécialisée dans la fabrication de pneus pour le génie civil, avait été contrainte de placer ses salariés en chômage partiel. Les 500 salariés du site percevant durant cette période un salaire égal à 72 % de leur rémunération brut.

Inquiétudes chez les salariés

Si l’industriel au Bibendum (132 000 salariés dans le monde, 28,3 Md€ de CA) a utilisé à plusieurs reprises depuis 2020 les arrêts de production et le chômage partiel pour mettre en pause son site altiligérien - trois semaines avaient été planifiées fin 2023 - la situation actuelle semble inquiéter un peu plus les salariés.

"Nous avons un prévisionnel de production pour l’année 2025 a peu près identique à celui de 2024, qui était déjà en retrait par rapport à 2023. On part sur des tonnages assez faibles. On espère que les prévisions seront un peu revues à la hausse avec une reprise de l’activité sur le second semestre mais c’est quand même l’inquiétude qui prime", confie Hervé Bancel.

Un site qui tourne à 60 % de ses capacités

Et pour cause, "la production tourne à 60% de ce que l'on pourrait faire avec notre nouveau procédé de fabrication. Avec l'ancien système, on a eu produit le double de ce que l'on fait aujourd'hui", estime le délégué syndical CGT.

Le site altiligérien de Michelin a mis en place ces dernières années une nouvelle technologie de fabrication qui, aux dires de Hervé Bancel, n’est pas sans impact sur les besoins en main-d’œuvre. Baptisé Osiris, ce projet de modernisation et d’automatisation de la production, lancé en 2021, avait mobilisé une enveloppe de 32 millions d’euros. À la clé des réductions de consommation énergétique (-10 %) et une production plus propre (-8 % de CO2) mais aussi des effets collatéraux pour les salariés.

"Sur les neuf nouvelles machines qui ont été installées, toutes ne sont pas encore en fonction mais avec cette nouvelle technologie plus automatisée, on voit bien que l’activité baisse. À terme, ce nouveau procédé nécessitera moins de personnel à la production", estime Hervé Bancel.

D’autres sites positionnés sur le génie civil

Loin de tourner à plein régime, le site de Blavozy ne semble pas le seul du groupe dans ce cas. "Avec Montceau-les-Mines, nous sommes deux sites en France à faire des pneus pour le génie civil. Eux sont sur des pneus plus petits et nous sur une gamme moyenne. Après, il y a du très haut de gamme qui se fait en Espagne et aux États-Unis. Au total, il y a donc 4 ou 5 sites Michelin dans le monde qui font du génie civil. Si tous les sites tournent à 50 ou 60 % de leur capacité, on se doute bien qu’il n’y aura pas besoin de garder 5 sites à terme", développe Hervé Bancel. "On l’a vu avec les fermetures de Vannes et Cholet, cela peut aller très vite. On nous dit que la baisse d’activité est conjoncturelle mais il ne faudrait pas que cela devienne structurel", s’inquiète le délégué CGT.

Érosion des effectifs

Si pour l’heure aucun projet de PSE ne semble dans les tuyaux pour le site de Blavozy, les effectifs tendent à diminuer d’année en année. "Ils utilisent la gestion des emplois et parcours professionnels pour réduire un peu les effectifs. On verra ce que cela va donner cette année mais avec un procédé moins manufacturé et plus automatisé, on s’attend à une certaine érosion", conclut Hervé Bancel.

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