Jean-François Sérazin veut refermer le menu. Personnage haut en couleur du département, vice-président tourisme et loisirs CCI et président départemental de l'Umih
(*), l'entrepreneur réfléchit sérieusement à céder son hôtel-restaurant La Sirène sur l'île d'Houat. L'homme a connu plusieurs alertes côté santé ces dernières années et a dû renoncer à sa casquette de président des ?saisonniers?. «Je suis à Houat depuis 17 ans, j'ai 62 ans», signale-t-il. «Mes enfants resteront certainement dans le métier mais ailleurs. Nous sommes là de Pâques jusqu'à novembre, la vie sur une île n'est pas forcément palpitante sur la longueur pour eux.»
Cuisine gastronomique
Après quelques saisons touristiques médiocres, La Sirène est redevenue frétillante: chiffre d'affaires en progression, EBE renfloué, même si les fonds propres sont en berne de 3.000€. Grâce à Gilberte Sérazin, l'épouse du truculent moustachu, qui veille au grain et assure les arrières lorsque Jean-François Sérazin tord le bras des élus ou des préfets. À Houat, La Sirène est le seul établissement à proposer une cuisine gastronomique: bulots à l'aïoli et dorade craquante. Mais la concurrence est devenue pléthorique ces dernières années sur cette île de 3,3 kilomètres de long et 1,5 kilomètre de large. Outre l'hôtel-restaurant des îles, il faut compter avec les bars brasserie Le Siata et le Spi ainsi que la crêperie Chez Loulou. Jean-François Sérazin a d'ailleurs étendu son offre de 80 couverts à une brasserie d'une centaine de places dernièrement. «En 1993, quand nous avons repris, il y avait eu plus de 650.000 € de travaux, l'établissement était presque à l'état d'épave, il pleuvait dans l'entrée», se souvient Jean-François Sérazin. L'hôtel trois étoiles compte aujourd'hui 24 chambres, dont quatre familiales, en mezzanine. S'il trouve repreneur, Jean-François Sérazin, qui a une maison à Baden, pense déjà à prendre une petite affaire avec son fils Sébastien. Et à briguer d'autres responsabilités institutionnelles. Au grand dam de son épouse, qui estime qu'il a déjà beaucoup trop donné pour le collectif...
(*) Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.
Jean-François Sérazin, le pantagruélique président de l'Umih 56, cherche un repreneur pour sa Sirène sur l'île d'Houat.