Charmante commune de quelque 4.500 habitants nichée au coeur de la Chalosse, dans les Landes, Hagetmau a longtemps été la capitale de la chaise et du fauteuil. Symbole de cette activité traditionnelle, la société Capdevielle, une entreprise florissante dans les années 70 et 80 avec jusqu'à quelque 1.600 salariés. Hagetmau peut alors s'enorgueillir d'offrir 4.500 emplois pour 3.500 habitants! Mais le tournant des années 2000 marque le début du déclin de l'entreprise qui s'est diversifiée dans l'ameublement à destination des grandes enseignes de distribution spécialisées.
Contrat de transition professionnelle
En 2007, une première restructuration conduit à la suppression de 150 emplois. L'arrivée d'un fonds d'investissement relance l'activité mais en 2009, Capdevielle qui emploie encore quelque 700 personnes est frappé à la fois par les effets de la tempête Klaus et de la crise financière mondiale, avec une première vague de 250 licenciements puis la mise au tapis des 468 derniers emplois lors de la liquidation, il y a un an. «Hagetmau ne vivait pas d'une mono-industrie avec des activités fortes dans l'agroalimentaire et le travail des métaux mais Capdevielle pesait terriblement sur l'économie de la région», explique Paul Faury, directeur de l'unité territoriale de la Direccte dans les Landes. Pour faire face à cette crise, un projet de revitalisation du bassin est mis en oeuvre, à la fois sur une logique de développement exogène et sur une démarche centrée sur le territoire lui-même.
Un conseiller pour 30
Parmi les ressources recensées, un parc d'immobilier d'entreprise de près de 120.000m² mais aussi et avant tout les ex-salariés de Capdevielle, qui ont capitalisé au fil des années une somme de compétences et d'expérience tout à fait adaptées aux industries de process. Si 35% ont pu être reclassés, près des deux tiers sont en recherche d'emploi. «Compte tenu de la situation, nous avons décidé de recourir à une mesure exceptionnelle avec le contrat de transition professionnelle», raconte Paul Faury. Grâce à ce dispositif (lire encadré), les salariés volontaires conservent 80% de leur salaire brut antérieur pendant un an et disposent d'un accompagnement "serré". «À Hagetmau, il y a un conseiller pour 30 personnes avec au moins un contact individuel hebdomadaire», précise le patron de l'UT. Avec l'appui d'un organisme relevant de l'Afpa et des financements des Opca, de Pôle Emploi et des collectivités locales, des moyens puissants de formation sont mis en oeuvre tandis que les ex-salariés sont invités à reprendre toute activité partielle se présentant. «La pire des choses est de rester durablement dans l'inactivité. Même si ici et là certains peuvent estimer que le recours à des CDD, à l'intérim, nourrit la précarité, l'idée est d'éviter des ruptures fortes, des vides qui peuvent déboucher sur un chômage de longue durée», souligne Paul Faury.
Coût moyen de 1.765 € par demandeur d'emploi
La traduction en chiffres de cette mobilisation: 526 personnes ont bénéficié d'un CTP pour 583 actions de formation qui ont conduit à 78.419heures de formation pour un coût de 922.627 €. Soit un coût moyen par personne de 1.765 € pour 149h - un chiffre toutefois strictement statistique puisque la grande majorité a bénéficié de formations courtes autour d'une cinquantaine d'heures mais avec quelques formations supérieures à 500 ou 600heures. Résultat: 150 personnes ont déjà retrouvé un travail et 150 autres retours à l'emploi sont attendus.
Outils de développement des compétences et de valorisation des salariés, les dispositifs de formation sont aussi des armes pour remédier à une crise sociale.
Exemple à Hagetmau, au coeur de La Chalosse.