Sans triomphalisme, les opposants au projet de terminal méthanier d'Antifer savourent leur victoire. «Nous allons pouvoir passer à autre chose», explique François Auber, maire de la commune de Saint-Jouin Bruneval et figure de proue de ce mouvement né en même temps que le projet. Un élu qui presse le pas pour couper l'herbe sous le pied de ceux qui s'accrochent à «la vocation industrielle du site», en sollicitant le ministre Nathalie Kosciusko-Morizet dès l'annonce du GPMH de ne pas entrer au capital de GDN. «Nous avons une vision de ce que nous souhaitons pour le territoire». Une vision alternative basée sur le développement touristique mais qui n'exclu pas tout projet industriel, assure-t-il: «une industrie, oui, mais une industrie de demain!». «Cela fait quarante ans que nous avons sous les yeux une erreur de projet stratégique (le terminal pétrolier). Ce que nous réclamons aujourd'hui c'est une étude prospective qui déterminera quelles sont les filières que l'on peut développer à Antifer», avec en filigrane une véritable question de fonds pour cet opposant de la première heure: «comment assure-t-on la transition du site avec le recul des trafics pétroliers?» Côté méthode, François Auber, membre du conseil de développement du GPMH prône le dialogue: «il faut mettre tout le monde autour d'une table», même si, reconnaît-il, «le fossé s'est creusé entre le port et la société civile». Un port qui selon lui ne doit pas décider seul contre tous. «La donne a changé!»
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