«J'évalue mes fournisseurs sur le plan éthique»
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«J'évalue mes fournisseurs sur le plan éthique»

Son défi Benoît Couteau attribue une note éthique aux produits de ses fournisseurs, une «obligation morale» pour le P-dg du distributeur de quincaillerie DFC2.

«En 1996, j'ai compris que j'avais en tant que chef d'entreprise un vrai rôle à jouer au niveau du développement durable, même si l'expression n'existait pas encore à l'époque! Cette année-là, lors d'un séjour au Vietnam, j'ai pris conscience de ce qu'on était en train de fabriquer comme société. On était en train d'exploiter des gens pour nos sociétés de consommation, au détriment de tout, de l'être humain, de l'environnement. En Asie, cela m'a vraiment heurté. Petit à petit, nous avons mis différentes actions en place au sein de DFC2, une entreprise de négoce en quincaillerie que j'ai créée il y a près de 23 ans, pour finalement placer le développement durable au coeur de notre stratégie.




Quatre critères de base

En 2009, nous avons ainsi décidé de vérifier les conditions dans lesquelles sont fabriqués les produits que nous vendons auprès des entreprises du bâtiment et des collectivités. Avec l'appui de deux élèves ingénieurs de Polytech Nantes encadrés par une personne en CDD, nous avons défini quatre critères caractérisant à nos yeux ce qu'est un «produit éthique». Puis, à partir de cela, nous avons adressé à nos dix-sept fournisseurs un petit questionnaire. Nous voulions connaître les conditions de fabrication environnementales et sociales, la durabilité de chaque produit ainsi que la proximité de la production. Pour les deux premiers éléments, nous leur demandons s'ils sont labelisés au minimum Iso 14001 et Iso 26000. Pour éviter l'obsolescence programmée, c'est-à-dire qu'un produit tombe en panne six mois après la fin de la période de garantie, nous leur demandons s'ils estiment que chacun de leurs produits a une durée de vie nettement supérieure à celle du marché. Vu que c'est très subjectif comme approche, nous nous autorisons à modifier la réponse donnée par le fournisseur en fonction de notre propre expérience.




"Petit" face aux "costauds"

Enfin, pour la proximité, nous nous basons sur le fait que la fabrication ou l'assemblage soit réalisé au sein de la communauté européenne. C'est un début, nous devrions affiner notre questionnaire à l'avenir en nous intéressant par exemple au recyclage ou à l'éco-conception. Nous y allons pas à pas. Vous savez, nous sommes une PME de 76 personnes, face à de gros costauds. Nous comptons par exemple parmi nos fournisseurs Vachette, qui est une filiale du numéro un mondial de la serrurerie, ou le géant américain Stanley. En dépit de notre taille, notre démarche a plutôt été bien accueillie.




Un guide pour les clients

Pour l'instant, 3.000 de nos 5.000 produits ont été évalués. Dans l'ensemble, ils sont plutôt bien notés, près d'un sur deux respectant les quatre critères de notre label. Certains de nos produits ne sont pas très bien notés. L'objectif à moyen terme sera de ne plus les distribuer. Nous sommes en train de créer un catalogue où chaque produit sera accompagné de sa note «éthique». Cela permettra au client d'intégrer la notion de développement durable dans son acte d'achat. Ce critère ne fera pas tout. Il faudra toujours du conseil technique, un service, un prix, etc. Mais c'est de la folie de raisonner uniquement au niveau du prix. Tôt ou tard, les entreprises en pâtissent. Je veux aider le consommateur à être responsable. C'est pour moi une obligation morale, car notre mode de vie occidental est en train de tuer la planète.»

DFC2



(Les Sorinières) P-dg: Benoît Couteau 76 salariés 12M€ de CA 02 40 03 31 52

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