Japon : Déjà dans le rebond
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Japon : Déjà dans le rebond

Les grandes entreprises des secteurs de l'automobile et de l'électronique savent que leurs approvisionnements en composants électroniques pourraient se tendre au troisième trimestre Mais pour les PME iséroises, les échanges avec le Japon ont repris de plus belle.

La situation est contrastée d'un domaine d'activité à l'autre: tous les approvisionnements en provenance du Japon ne sont pas touchés de la même manière. Quant à l'export, il semble qu'il profite d'un redémarrage coûte que coûte de l'économie japonaise. Une étude réalisée à la demande du ministère de l'Industrie et de la Fieec (fédération des industries électriques, électroniques et de communication) sur les conséquences de la catastrophe au Japon sur l'électronique française fait apparaître que les problèmes à court terme ont été écartés, mais qu'en revanche, la situation pourrait se compliquer au troisième trimestre. Les entreprises les plus dépendantes au regard de leurs fournisseurs japonais dans l'électronique se trouvent dans les secteurs de l'automobile et de la défense pour les semi-conducteurs. L'industrie des composants passifs (commutateurs, résistances, composants piézoélectriques) est aussi concernée. Enfin, si des sites majeurs de fabrication de tranches de silicium ont été arrêtés au Japon, la présence de stocks a limité les risques de rupture d'approvisionnement. Dans les mois à venir, la question se pose quant à la disponibilité des tranches de silicium de 300mm de diamètre comme en utilise le site de STMicroelectronics à Crolles.




Une semaine

Sur les autres marchés, la crise semble déjà se conjuguer au passé. Les entreprises ont destocké en attendant une normalisation des échanges. En témoigne des sociétés comme A.Raymond à Grenoble. Le fabricant de fixations, gros fournisseur de l'industrie automobile, possède un site à Kanagawa à l'Est de la péninsule japonaise. Le séisme a touché l'entreprise et ses 50 salariés. «Nous avons proposé l'évacuation en raison des risques de radiation, mais le personnel a refusé et entrepris de réparer les dégâts. En dépit des nombreuses coupures de courant, l'activité a redémarré au bout d'une semaine. Nous fabriquons au Japon des pièces sans équivalent. Si nous n'avions pas pu les livrer, nous aurions bloqué de nombreux constructeurs automobiles. Mais nous avons pu couvrir ces besoins grâce aux stocks. Les Japonais ont eu un comportement remarquable», souligne Alain Raymond, ex-président du groupe familial A.Raymond, aujourd'hui dirigé par son fils Antoine Raymond, lequel s'est rendu sur place pour constater les dommages. Nombreuses sont les entreprises qui s'apprêtaient à faire valoir la clause de risque majeur avec leurs partenaires commerciaux, une précaution souvent inutile. ECM technologies, fabricant grenoblois de fours sous vide, a eu quelques doutes avec son fournisseur japonais de graphite «Mais tout est rentré dans l'ordre», constate Laurent Pelissier, le président. Quant à l'export «nous avions des commandes en cours pour le Japon et la Chine, mais rien n'a été modifié. Nous avons assisté à une réaction très professionnelle et très rapide de la part des Japonais. À l'avenir, il se peut qu'ils délocalisent une partie de leur production vers des pays proches, comme la Chine, pour ne plus être perturbés par ce genre d'événement», anticipe le dirigeant.






Opportunités

Oros, spécialiste meylanais de l'acoustique, réalise 20 à 25% de son chiffre d'affaires avec le Japon. «Nous travaillons avec une société japonaise importatrice de technologie qui a été fortement impactée de la mi-mars jusqu'à aujourd'hui. Nous n'avons alors plus enregistré aucune commande», note Michel Herbreteau, le P-dg. «La véritable phase de reprise arrive maintenant. C'est très bon signe car la reconstruction commence à offrir des opportunités. En même temps, nous avons fait des offres spécifiques aux entreprises touchées. Le Japon s'est montré sensible à cette aide internationale et cela nous permet d'être présents sur le marché de la reconstruction.» Pour les entreprises qui entretiennent déjà des relations avec le Japon, il semble que les occasions vont se multiplier, notamment sur les domaines de l'énergie, de l'automobile et du BTP.

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