«J'ai réussi à sortir d'un redressement judiciaire»
# Artisanat

«J'ai réussi à sortir d'un redressement judiciaire»

SON DEFI Placés en redressement judiciaire en 2009, les établissements Couapault à Hillion ont trouvé dans l'arrivée du groupe EDM la solution pour relever la tête.

«Tout a commencé en août2009. L'exercice 2008 n'avait pas été très bon, et les tendances sur les neuf premiers mois de l'année étaient du même ordre. Nous devions puiser dans nos fonds propres de manière trop importante. J'ai décidé de déposer le bilan de l'entreprise familiale de fabrication de meubles haut de gamme, fondée par mon père en 1965. Cela n'a pas été une décision facile à prendre mais elle était nécessaire.




Anticiper le redressement

La société a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Rennes dans la foulée. Cela a eu pour effet immédiat de bloquer les créances. Un administrateur a également été nommé. Le fait que je sois un ancien juge du tribunal de commerce de Saint-Brieuc m'a sans doute aidé. Non pas sur la procédure, c'est d'ailleurs pour cela que le redressement s'est effectué en Ille-et-Vilaine, mais sur le fait que je suis conscient que le redressement n'implique pas la mort de l'entreprise. C'est même un moyen de la sauver. Et ça peu de patrons en sont conscients.




Des licenciements nécessaires

Nous avons mis à profit cette période pour travailler à de nouveaux produits. Notamment autour de l'agencement avec le lancement de la marque Koipo. Toutefois alors qu'au départ, je ne souhaitais pas me séparer de salariés, j'ai dû m'y résoudre. Deux sont partis de leur propre chef et trois licenciements économiques ont été prononcés. Humainement, ce n'est pas facile à vivre, encore plus dans une PME de petite taille où tout le monde se connaît. Au début de l'année 2011, je n'avais toujours trouvé aucun partenaire pour nous aider. Le couperet du 15mars, fin légale de la procédure, approchait à grand pas. Je n'étais pas fermé à une cession partielle ou totale de l'entreprise, dans la mesure où l'activité et l'emploi étaient préservés. Cette situation était d'autant plus frustrante que le carnet de commandes se remplissait de nouveau.




Le hasard d'une rencontre

Pour éviter la liquidation, j'ai décidé de monter un plan de reprise en solo. Les banques me suivaient mais le risque était grand. Et puis le hasard a fait son travail. À l'occasion d'un rendez-vous sur Paris pour des contrats de sous-traitance en agencement professionnel, j'ai rencontré le groupe Européenne de Marbrerie (EDM), spécialiste des agencements haut de gamme en pierre (hôtel de luxe, magasins Hermès, etc.). Le contact est notamment bien passé avec le patron, René Camart, originaire de Saint-Cast-le-Guildo. Par honnêteté, je leur ai indiqué que nous étions en redressement judiciaire. Il m'a avoué rechercher un partenaire meubles en bois pour développer son portefeuille d'activités. Il était d'accord pour nous soutenir financièrement. Un plan de reprise a été présenté quelques semaines plus tard. EDM est désormais l'actionnaire majoritaire de la société et notre entrée dans ce groupe nous offre de belles perspectives de développement. Quant à moi, je reste salarié pendant cinq ans minimum avec une véritable autonomie en terme de gestion des marchés.»

Meubles Couapault



(Hillion) P-dg: René Camart Directeur: René Couapault 17 salariés Chiffre d'affaires 2010: 1,4million d'euros 02 96 72 61 09

# Artisanat # Commerce