Étrangement, aucune communication officielle n'a encore été faite en Bretagne sur le bilan 2014 des investissements étrangers... D'habitude, à grands renforts de conférences et communiqués de presse, chaque région tire son propre bilan au premier trimestre. Pourtant, le bilan est bel est bien paru publiquement et rendu disponible sur internet. Il suffit de le trouver...
Reprise nationale, pas locale
Au niveau national, le contexte est bon. Après trois ans de stabilité, les investissements des firmes étrangères sont repartis à la hausse en 2014 : + 8 % à périmètre constant (740 projets contre 685 en 2013 et 693 en 2012). L'an passé, pour la France, c'était la « deuxième meilleure année en dix ans » (avec 2010) : 1.014 décisions d'investissement ont créé ou maintenu 26.535 emplois, parmi lesquelles 68 projets de reprises de sites par des investisseurs étrangers ont permis de sauvegarder 6.411 emplois. On apprend aussi que « les entreprises étrangères investissent en premier lieu dans les activités de production » : celles-ci concentrent 30 % des investissements réalisés en France en 2014, soit 303 projets. Les projets d'investissement étrangers dans les fonctions de R & D, ingénierie et design représentent eux 9 % de l'ensemble des investissements (91 projets contre 77).
La région mauvaise élève
Dans ce bilan, il faut bien chercher pour trouver la région Bretagne. Les deux tiers des nouveaux investissements sont localisés dans six régions habituelles : Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Côte d'Azur, Nord - Pas-de-Calais et Alsace... Toujours pas la Bretagne. Région qui avait pourtant une carte à jouer dans son agroalimentaire, secteur qui concentre le plus de projets (83 pour 1.858 emplois), juste devant l'énergie-recyclage (75/1.225) et les équipements électriques-électroniques-informatique (73/2.266).
11 projets seulement
En 2012, la Bretagne avait attiré 18 nouveaux projets d'investissements étrangers pourvoyeurs de 735 emplois ; en 2013, ce chiffre avait diminué à dix projets (425 emplois) et il stagne en 2014 à 11 projets ; un projet de plus se traduit par + 10 % certes, mais pour seulement 222 emplois ! Pour estimer la contribution des filiales étrangères à l'emploi et à l'activité des régions, les créations d'emplois liées aux nouveaux investissements étrangers peuvent aussi être rapportées à l'emploi salarié, selon l'agence Business France (fusion Afii/Ubifrance) qui publie ce bilan annuel : via ce ratio, la Bretagne fait vraiment figure de mauvaise élève, dernière à 0,20/1000 pour un ratio moyen de 1,01. Les multinationales sous contrôle étranger réalisent 34 % du CA de la région Alsace, 26 % de celui de la Picardie, 25 % de l'Ile-de-France, 20 % de Rhône-Al
pes... mais seulement 7 % de la Bretagne. Et 5 % de l'emploi régional, l'un des plus faibles taux français. À l'exportation, elles contribuent à hauteur de 21 % à la balance commerciale bretonne, contre le double pour le Nord - Pas-de-Calais, 34 % pour les Pays-de-la-Loire et la Basse-Normandie.
Géry Bertrande
Si le bilan des investissements étrangers est à la hausse au plan européen et national (+ 8 %) pour 2014, il reste peu porteur en Bretagne, notamment en emplois.