Industriels : « Des patrons, pas des profs ! »
# Mécanique

Industriels : « Des patrons, pas des profs ! »

Max Bellanger,
dirigeant de Mécatec (mécanique de précision) à Seiches-sur-le-Loir« Le problème de recrutement dans nos métiers est récurrent, particulièrement sur les postes de production. Aujourd'hui, nous devons passer du temps à recruter et c'est nouveau pour beaucoup de patrons. Nous devons aussi consacrer du temps à la formation alors que pourrions imaginer avoir des gens formés par l'Éducation nationale, mais il y a de moins en moins de formations techniques en France. On abandonne ces filières. La réforme du bac pro n'améliore pas les choses car les jeunes suivent un cursus de 3 ans au lieu de 4 auparavant. On n'est pas centre de formation. Je suis chef d'entreprise, pas prof! On nous demande de former les gens, il serait donc logique que les budgets de la formation soient en hausse, or ils diminuent. Et nous partons parfois de très loin sur les profils qui nous sont proposés. Nous avons beaucoup de mal à trouver les compétences que nous cherchons alors tous les moyens sont bons, réseaux sociaux, démarchage auprès des écoles... En prime, on débauche beaucoup dans nos métiers, des chasseurs de tête appellent les salariés en poste, cela est déjà arrivé chez nous.Il y a une vraie désaffection pour les métiers de la mécanique, pourtant nous faisons des choses intéressantes, notamment pour le secteur aéronautique. Nous avons des commandes, mais nous sommes parfois freinés par ce déficit de main-d'oeuvre. Peut-être que nous, industriels, ne savons pas bien communiquer sur nos métiers. Nous devons davantage les valoriser pour attirer des jeunes. Tout le monde est conscient du problème. Nos dirigeants parlent de réindustralisation, pourtant lors du dernier salon mondial Midest de sous-traitance industrielle, en novembre à Paris, nous n'avons même pas reçu la visite de notre ministre de tutelle... »

  • LE COUP DE GUEULE
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