Près de 100 millions d'euros sont consacrés à la création d'usines pures, dans le Morbihan. Des projets qui courent depuis 2011 et qui doivent s'achever en 2014. Plus de 75% de ces nouveaux sites industriels concernent l'agroalimentaire : Nestlé Professional à Noyal-Pontivy, Gourmandises de Brocéliande à Ploërmel, Capitaine Houat à Lanester, Atlantic Seafood et Biscuiterie de Lignol en centre Morbihan et Hami-Form à Saint-Avé.
Des sites pédagogiques
Ensemble, ces projets représentent 88 millions d'euros. Autant de chantiers qui sont réalisés par des entreprises locales et qui doivent, pour beaucoup, devenir des modèles du genre. Par exemple, Capitaine Houat et Gourmandises de Brocéliande, qui se relèvent toutes deux d'un incendie, et Méaban à Elven, sont trois sites industriels renforcés qui comportent un volet pédagogique, afin d'éviter tous les risques. Chez Socomore, l'usine de Méaban à Elven qui fabrique des solutions chimiques pour l'aéronautique, un parcours explique aux visiteurs tous les moyens de sécurité et de secours mis en oeuvre pour préserver l'environnement du site et ses collaborateurs. Au moment où le géant Doux s'effondre et laisse une plaie béante dans le Morbihan avec plus de 500 licenciements, d'autres industriels tentent de prouver qu'il est encore possible de poursuivre l'aventure agroalimentaire dans le département. En effet, cette industrie est en perpétuel renouvellement. Et les nouvelles générations d'usines s'intègrent désormais dans leur environnement. «En optant pour des machines performantes, plus automatisées, plus informatisées et haut de gamme, nous gagnerons ainsi en rentabilité immédiate», rappelle François Schlienger, président des Gourmandises de Brocéliande qui, grâce à sa nouvelle usine, cherche à gagner en compétitivité. Une manière de peser dans un marché international de plus en plus concurrentiel.
44 millions d'euros à Noyal-Pontivy
Plus grosse enveloppe dans le département, Nestlé Professionnal investit 44 millions d'euros à Noyal-Pontivy pour la construction de la nouvelle usine d'Houdebine (364 personnes, 70 millions d'euros de chiffre d'affaires). Un site de 18.000 m² qui sera consacré à la fabrication de plats élaborés pour la restauration commerciale. Le permis de construire a été déposé en septembre. «Si le dossier suit son cours, les travaux devraient commencer fin du premier trimestre 2013 pour une livraison second semestre 2014», précise Michel Houdebine. «La conjoncture ne nous incite pas à nous précipiter», poursuit-il. En effet, le domaine de la restauration affiche un chiffre d'affaires en recul de 5% à 8 % cette année, et même la restauration rapide, jusqu'ici épargnée par la crise, chute de 1 %. «Les gens qui sont au chômage ne vont pas au restaurant. C'est une évidence», observe avec lucidité Michel Houdebine.
CONJONCTURE Alors que les perspectives de croissance sur 2013 restent totalement floues, certains industriels morbihannais osent jeter leur regard à plus long terme.