Lancée fin mai, l'opération «on marche sur la tête» vise à sensibiliser les hôteliers et leurs clients sur les abus des sites de réservation en ligne. À l'origine de cette initiative, Florent Cibert. Gérant de l'Hôtel Pommeraye, ce Nantais travaille avec des sites internet de réservation en ligne depuis huit ans. Il ne les blâme pas pour ce qu'ils sont, encore moins pour le surplus de clientèle qu'ils sont susceptibles d'apporter à son établissement de 50 chambres. En revanche, il peste contre ce qu'il perçoit comme des abus.
Jusqu'à 30% de commission
Certains hôteliers râlent contre la hauteur des commissions pratiquées par les sites internet. Celles-ci peuvent en effet représenter jusqu'à 30% du prix de la chambre. «Il y a huit ans, les commissions étaient similaires à celle d'un agent de voyage, c'est-à-dire aux alentours de 10%. Puis, peu à peu, elles ont augmenté», indique Florent Cibert. Mais cette hausse de la rémunération des sites, synonymes de marges réduites pour un hôtelier, ne constitue pas pour le chef d'entreprise nantais le nerf de la guerre: «Je n'ai aucun problème pour refiler 50% de commission à un site qui m'amène un client un dimanche soir!». Ce qui le dérange avant tout, c'est le durcissement des conditions de vente. «Expedia a du jour au lendemain exigé que je leur livre deux chambres chaque jour! Booking refusait pour sa part que je conserve les coordonnées de mes clients qui étaient passés par leur site, rendant ainsi impossible pour moi toute prospection. Certains sites disaient qu'un hôtel était complet dès lors que les quelques chambres qui étaient mises à leur disposition étaient occupées. Cela n'est d'ailleurs plus possible en France», énumère l'hôtelier nantais.
Rapport de force
Dans le collimateur de la direction de la répression des fraudes pour des «tromperies» (fausses promotions, surclassement d'hôtels, etc.), certains sites web de réservation sont même poursuivis en justice par Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État au tourisme. Au-delà de ces présumées fautes, Florent Cibert souhaite rééquilibrer les relations entre les hôteliers et les sites de réservation. «En quelques années, ces sites sont devenus incontournables. Seuls face à ces grands machins, les hôteliers se sentent tout petits et ils en profitent pour nous mettre parfois beaucoup de pression. On est sur le même type de dérives qu'il peut y avoir entre un petit producteur et les grosses centrales d'achat. Les sites internet nous apportent un service, mais il faut que l'on rétablisse un équilibre dans le rapport de forces pour que les hôtels soient réellement considérés comme des partenaires», expose le Nantais. Épaulé par son ami Julien Buée, de l'agence de communication Seize, Florent Cibert a lancé un site internet pour sensibiliser les hôteliers français et leurs clients. L'initiative est portée par le tout récent club hôtelier de la région nantaise que préside Gilles Cibert, gérant de l'hôtel La Pérouse et frère aîné de Florent (lire page 29).
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