Groupe Zannier : Exploiter le potentiel de l'international
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Groupe Zannier : Exploiter le potentiel de l'international

Installé à Saint-Chamond, le groupe Zannier, leader mondial de la mode enfantine, veut aujourd'hui faire de son développement à l'international sa priorité. Car c'est là qu'il pourra trouver le potentiel pour maintenir un rythme de 10 à 15% de croissance annuelle. Stéphanie Gallo

«Nous en avons conscience depuis plusieurs années. Mais nous avons dû arbitrer avec d'autres axes de développement. Aujourd'hui, c'est LA priorité». La priorité dont parle Bernard Molter, président du groupe Zannier depuis 2007, c'est le développement à l'international. Actuellement, celui qui se présente comme le leader mondial de la mode enfantine réalise 40% de son chiffre à l'international avec environ 400 magasins. «Pour un groupe comme le nôtre, c'est vraiment peu», poursuit Bernard Molter qui ne craint pas d'afficher des objectifs extrêmement ambitieux. «Je souhaiterais que le groupe Zannier réalise 80% de son chiffre à l'export. À quelle échéance, je ne sais pas, je ne le verrais peut-être pas... Mais en tout cas, c'est un impératif». Le groupe étant, en effet, déjà largement représenté dans l'hexagone, son potentiel de développement y est désormais plutôt faible. S'il veut maintenir un rythme de croissance de l'ordre de 10%, comme cela a été le cas encore l'année dernière grâce à l'ouverture d'une centaine de magasins, il ne peut donc trouver son salut qu'à l'étranger. Dans la ligne de mire: l'Europe (Nord et Est notamment), les États-Unis et l'Asie. Et le groupe entend bien se donner les moyens de ses ambitions. Des partenaires, des chargés d'affaires, vont être prospectés de façon intensive. «Dans les pays où nous sommes peu implantés, nous démarrerons en faisant entrer nos vêtements dans des magasins indépendants. Ensuite, nous ouvrirons des magasins», annonce le président.




Élargir son réseau

Créé à Saint-Chamond en 1962 par Roger Zannier, entrepreneur brillant qui est toujours actionnaire majoritaire de l'entreprise même s'il a pris du recul avec la direction exécutive, le groupe Zannier s'est constitué au fil des années grâce à de nombreuses acquisitions, en propre ou en licence. Il affiche aujourd'hui une panoplie d'une quinzaine de marques, parmi les plus célèbres de la mode enfantine: Z évidemment, sa marque historique, mais aussi IKKS, Catimini, Absorba, Jean-Paul Gaultier... Elles ont été rejointes tout récemment par une nouvelle marque haut de gamme, Paul Smith. Depuis quelques années, un virage important a été opéré puisque le groupe a décidé de se diversifier vers la mode adulte. Cette dernière représente aujourd'hui 25% de son chiffre d'affaires. Une proportion qui pourrait croître dans les prochaines années. Pour Bernard Molter, l'élargissement de son coeur de métier ne poserait pas de problème d'identification pour le groupe. «Les magasins de vêtements pour adultes font plus de chiffre que les magasins enfants», justifie-t-il. D'une bonneterie industrielle, le groupe Zannier a évolué vers un métier de créateur et de distributeur. «Il reste quelques fabricants en France, mais l'essentiel de la production est assuré à l'étranger, notamment au Maghreb et en Asie du Sud-Est», détaille Bernard Molter. Avec 100 magasins ouverts en 2009, 70 planifiés en 2010, le groupe Zannier affiche un réseau impressionnant de 1.100 magasins en propre, toutes enseignes confondues (dont 657 en succursale, 316 en affiliation et 56 en franchise). Parmi les enseignes porteuses: les multimarques ?Mon plus beau souvenir?, ?Enfance? et ?Teen Factory? destinées à commercialiser les marques du groupe dont la gamme n'est pas assez étendue pour leur ouvrir des magasins dédiés. «On les a lancées il y a 2 ans, nous en avons déjà 60. Le chiffre généré par ces magasins est intéressantcar il offre une grande diversité au client». Ce réseau pourrait atteindre les 200 à 300 établissements rapidement.

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