Grosdoit : L'aventure de la qualité

Grosdoit : L'aventure de la qualité

La PME Normande spécialiste du négoce de produits frais est le lauréat 2010 du prix Français de la Qualité et de la Performance décerné par le Mouvement Français de la Qualité (MFQ). La reconnaissance d'un engagement devenu vital pour l'entreprise.

La remise au ministère de l'Économie et de l'Industrie du prix national du MFQ (Mouvement Français de la Qualité) n'aura pas fait que des heureux chez Grosdoit! Privés de cérémonie pour cause d'incompatibilité d'horaires, une poignée de salariés aura dû se résoudre, à grand regret, à laisser leurs petits camarades faire le déplacement jusqu'à Paris. Une anecdote révélatrice de l'état d'esprit insufflé par Pascal Grosdoit dans cette PME du négoce de produits frais où la recherche permanente de la qualité, plus qu'un simple challenge, est devenue la véritable colonne vertébrale de l'entreprise.




«La restauration collective, c'était la cantine!»

Créée en 1985 par Pascal Grosdoit, la PME aujourd'hui implantée au Marché d'Intérêt National (MIN) de Rouen s'est attelée dès le départ «à travailler auprès du secteur traditionnel», explique son dirigeant. Un choix stratégique qui lui a permis de gagner progressivement le marché de la restauration collective. «Nous avions des atouts: Le respect du client, des produits bien conditionnés dont les volumes étaient respectés et une gestion de la chaîne du froid contrôlée», détaille Pascal Grosdoit. Bref, tous les éléments d'une démarche qualité bien engagée... Une démarche relativement neuve il y a quinze ans, sur un marché concurrentiel où la qualité «n'était pas toujours la priorité», admet le dirigeant. En somme, «la restauration collective, c'était la cantine!» Mais même chez Grosdoit, la révolution s'est faite par paliers: «Dès que l'on a parlé de traçabilité, de chaîne du froid autocontrôlée, on a mis à jour des dysfonctionnements. Il a donc fallu perfectionner l'ensemble du dispositif en mettant chaque fois plus de moyens pour améliorer la qualité des produits» et des hommes, insiste Pascal Grosdoit. Avec pour unique objectif de «servir le client et pas notre propre ego économique! La qualité, ce n'est pas un engagement marketing!» Certifiée ISO 9001 dès 2000, la PME aura été une des premières en France à décrocher en 2005 une certification ISO 22000 relative à la sécurité alimentaire des denrées. La même année, l'entreprise entame tout naturellement un nouveau virage en mettant un pied dans la production: «Nous nous sommes investis dans les filières normandes pour savoir comment on nourrit une bête, comment vivent les agriculteurs... des questions sociétales clefs» pour le dirigeant qui se défend d'avoir emboîté le pas à un phénomène de mode. «Pour nous, il s'agit d'une véritable démarche culturelle, un engagement durable. Nous sommes une entreprise de distribution mais nous avons pris des participations chez des producteurs car nous vivons une aventure commune». Des producteurs bas-normands pour l'essentiel, mais aussi de l'Eure. But de l'opération, «trouver un équilibre sur les débouchés de la matière pour ne pas déstabiliser les élevages et valoriser les produits», explique Pascal Grosdoit. Et de cette action commune est née en 2008 une marque: Normandie Viande Héritage.




«Toucher le consommateur»

Cette démarche de proximité, l'entreprise la revendique même si l'argument «identitaire» est difficile à mettre en avant lors d'un appel d'offres. Au final, la PME «réaliseun travail de fonds considérable pour porter un message spécifique qui ne sera peut-être pas reçu», concède Pascal Grosdoit qui n'a d'autre arme que de sensibiliser «les acheteurs et leur hiérarchie!» Prochaine étape pour Grosdoit, «toucher le circuit court et donc le consommateur», avec pourquoi pas l'ouverture de points de vente en direct «pour mettre à la portée de tous des produits trop souvent assimilés à du haut de gamme et qui ne doivent plus être surcôtés». Récompensé à trois reprises par le Mouvement Français de la Qualité au plan régional, Grosdoit peut aujourd'hui arborer fièrement un prix national rarement décerné à une PME. Un encouragement, si besoin était, à poursuivre dans une démarche devenue essentielle pour l'entreprise: «Sans cela, on est perdu», lâche même Pascal Grosdoit.



Guillaume Ducable