Quel est le point commun entre EDF, WPD et la Compagnie du Vent (groupe GDF-Suez)? Dans l'attente de savoir si l'État donnera le feu vert à leurs projets régionaux, les trois opérateurs énergétiques se sont retrouvés dans les locaux de la CCI de Dieppe pour consulter les entreprises locales.
«Nous aurons besoin des réseaux locaux»
Une étape nécessaire «mais qui ne présage en rien de la décision à venir», résume prudemment Jean-Mathieu Kolb, le directeur des activités offshore de la Compagnie du Vent (projet éolien des Deux Côtes). «Ce premier contact doit nous permettre à la fois d'exprimer mieux nos besoins et d'obtenir plus d'informations sur les compétences des entreprises locales». Car in fine, «nous aurons besoin de réseaux locaux pour fournir des pièces», explique le dirigeant. Pour WPD l'enjeu est identique, même si le calendrier est quelque peu différent. L'opérateur allemand, qui est prêt à investir 1,5milliard d'euros pour développer un parc offshore de 60 éoliennes au large de Fécamp, préfère temporiser: «nous attendons de voir si notre dossier cadre avec l'appel à projet de l'État», dont les conditions devraient être connues dans les semaines à venir. Chargé d'études chez WPD, Antoine Monteillet justifie cependant la consultation des PME régionales: «dans l'éolien offshore, la part de ce qui peut être fait localement est plus importante que dans le terrestre», citant notamment la réalisation des fondations, la manutention ou encore la phase d'assemblage.
Des opportunités hors de France!
Et si l'opérateur Allemand est présent à Dieppe, ce n'est pas un hasard: «nous développons un second projet offshore au large de la Picardie et Dieppe pourrait devenir notre port d'attache», lâche le représentant de WPD qui garde également dans sa manche un autre atout: «pour préparer les PME au marché français, nous sommes même prêts à les faire travailler sur nos projets hors de France», comme sur le parc offshore Baltic 2 actuellement en développement au large de Rostock, au Nord de l'Allemagne. Dernier chantier en ligne de mire, et non des moindres, celui de l'EPR Penly3 laisse également entrevoir de belles perspectives pour les PME normandes. C'est en tout cas le message que leur adresse Joseph Dupuis, le directeur du projet. Le débat public à peine achevé, l'issue laisse peu de doute, à tel point que le représentant d'EDF évoque un démarrage possible du chantier «au 1er trimestre 2012», avant d'ajouter: «si tout va bien»! Le terrassement sur site vient d'être réalisé et la consultation des entreprises en vue de la construction de la centrale est enclenchée. «Au pic du chantier, en 2015, il y aura près de 3.000 personnes sur le site», insiste Joseph Dupuis. «Nous allons signer de l'ordre de 150 à 200 contrats», explique-t-il, se fondant sur l'expérience de l'EPR de Flamanville. Des contrats qui donneront lieu à sous-traitance: «c'est donc un enjeu très fort pour les entreprises locales». Des entreprises qui ne pourront cependant s'affranchir des règles de non-discrimination en vigueur au niveau européen, mais dont l'implication «participe à l'intégration du projet localement».
G.D.
Dans l'attente d'une issue favorable à leurs projets, les maîtres d'ouvrage des grands chantiers énergétiques régionaux de demain consultent les PME locales.