Après un été rocambolesque, une nouvelle ère s'ouvre pour le Groupe Menguy Investissement (GMI). Une ère dans laquelle les fondateurs n'assurent plus la direction de cette entreprise qui commercialise et exploite les résidences Appart City - 62 à ce jour. Créateur de l'entreprise en 1993, Gérard Menguy a en effet été débarqué cet été de son poste de président du conseil de surveillance. Son fils Philippe, qui occupait la présidence de GMI, a également été prié de faire ses valises. Tout comme d'autres proches de la famille fondatrice.
Le réveil de Groupama
À l'origine de ses départs, «un conflit d'actionnaires sur l'organisation de la société et d'autres paramètres qui tiennent à des individus», indique t-on chez GMI. Avec, en toile de fond, une «crise de croissance», liée à de nombreuses ouvertures de résidences. Ceci a notamment contribué à plomber les comptes de la filiale Dom Ville Services, qui exploite les établissements. Jusqu'alors plutôt «sleeping partner», Groupama a décidé de remettre de l'ordre dans une PME dont elle a pris 51% du capital en 2006 via sa filiale Acto Capital. Les Menguy débarqués de l'opérationnel, l'assureur a nommé deux hommes d'expérience à la tête de GMI.
L'ancien dg d'Accor arrive
Diplômé de Sciences Po Paris, après un long parcours dans l'immobilier (Cogedim, Bouygues Immobilier et DTZ), Dominique Finas est le nouveau directeur général de GMI. Cet ancien conseiller du président de MPI peut désormais s'appuyer sur Pierre Denizet. L'ancien directeur général de Pierre & Vacances et d'Accor, actuellement avocat au sein du cabinet Savin-Martinet, administrateur de Belambra et de Post Immo, vient en effet de prendre la présidence du conseil de surveillance de GMI. D'autres nominations-promotions internes ou recrutements-devraient être annoncées dans les prochaines semaines afin de muscler la direction de GMI. Dominique Finas compte «être en place au 1erjanvier». Outre des questions d'organigramme, celui-ci veut rompre avec «la méthode césariste» dans laquelle «tout ne dépendait que d'un chef», pour mettre en place «un fonctionnement moderne, transparent pour les actionnaires et le personnel».
«Pas là pour gérer»
Dominique Finas assure «ne pas être là pour gérer, mais pour développer». Un développement qu'il entend mener à un rythme raisonnable. Pas question donc pour lui d'ouvrir une quarantaine de résidences en deux ans, comme cela fut le cas pour GMI entre2009 et2011. «Cela nous a généré un manque de cash», confie t-il. Entre huit et dix nouvelles résidences par an verront donc le jour, ce qui amène l'entreprise à annuler plusieurs programmes immobiliers. Neuf ouvertures seront ainsi réalisées cette année.
Deux diversifications
Quant aux projets, «nous nous recentrons sur le coeur de villes importantes», expose Dominique Finas, qui compte s'appuyer sur son réseau pour s'ouvrir les portes de promoteurs tels que Bouygues ou Nexity. Le nouveau dirigeant entend aussi mettre l'accent sur deux nouveaux marchés: les résidences pour seniors et pour étudiants. L'international reste un axe de développement, mais les projets sont pour l'heure repoussés. «Il nous faut asseoir la rentabilité de la société. Je ne peux pas m'éparpiller», justifie le directeur général qui promet un résultat «considérablement amélioré en 2013».
Le conflit couve toujours
Mais pour «renouer avec une croissance rentable», GMI devra aussi mettre un terme à sa querelle d'actionnaires, la famille Menguy, que nous n'avons pu contacter, étant toujours minoritaire. «Le conflit est toujours en cours. Les Menguy utilisent tous les moyens pour nuire à l'actionnaire majoritaire et à l'entreprise. C'est un suicide professionnel car ils actionnent des voies juridiques et sont déboutés. Ils se décrédibilisent», juge le nouvel homme fort de GMI.
GMI
(Nantes) Dg: Dominique Finas 350 salariés 100M€ de CA en 2011 02 40 69 61 19