Le 14décembre, l'État attribuait l'exploitation provisoire de Francazal à la division Aéroports de SNC-Lavalin. «L'ouverture au trafic aérien s'est faite le 3janvier à 8 h», annonce Bertrand Bilger, son directeur général, laissant derrière lui le remous local que cette annonce a suscité. Une rapide présentation du groupe canadien d'ingénierie-construction (24.000 salariés dans le monde) et de sa division qui gère neuf aéroports en France dont celui de Tarbes depuis deux ans- manière de rappeler que celle-ci ne fait pas ses armes à Francazal ? et il enchaîne. Sur ce qui a motivé la réponse à l'appel d'offres de l'État, d'abord. «La particularité de notre division est de n'être pas spécialisée sur un segment. Nous sommes candidats à l'exploitation d'aéroports très différents tels que Carcassonne, Perpignan, Metz Nancy Lorraine, Caen, Saint-Martin, Bamako ou encore Kinshasa. Ce qui nous intéresse à Francazal, ce n'est pas tant sa localisation que le projet qui y est associé et qui s'inscrit pleinement dans notre stratégie.» Un projet qui comporte deux volets indissociables, tient à rappeler Bertrand Bilger: l'un d'aviation d'affaires, l'autre de développement aéro-industriel. Sur ce deuxième point, une cellule d'accueil des entreprises s'est mise en place en novembre dernier. Discrète depuis sa création, elle vient néanmoins de communiquer quelques éléments. On sait désormais que neuf entreprises ont officiellement répondu à l'appel à manifestation d'intérêt lancé le 25novembre et clos depuis le 14janvier (1re vague de candidatures). Trois d'entre elles devraient obtenir une autorisation préfectorale d'occupation temporaire du site d'ici au mois d'avril et quatre restent à auditionner. En 2012, ce sont entre 300 et 400 salariés qui pourraient être présents à Francazal sur des secteurs tels que l'aviation d'affaires, la maintenance, les études, la peinture, l'assistance d'escale, la manutention, la mécanique, etc.
Deux ans au maximumpour faire ses preuves
Une perspective à laquelle se prépare bien sûr Bertrand Bilger, même si la priorité est aujourd'hui à la création d'une aérogare d'aviation d'affaires. «Les travaux ont débuté pour reconvertir l'ancien PC de commandement en un ERP (établissement recevant du public, ndlr) qui devrait être opérationnel en mai.» En parallèle, l'État a lancé le chantier de réhabilitation de la tour de contrôle, censé s'achever en avril. Autre échéance importante dans le calendrier de la reconversion de Francazal: le choix de l'opérateur définitif puisque SNC-Lavalin a été désigné exploitant provisoire pour une période d'un an, renouvelable deux fois six mois. «L'État lancera certainement un appel d'offres en fin d'année et nous y répondrons. Mais avant cela, nous avons au maximum deux ans devant nous pour démontrer notre professionnalisme dans la gestion et le développement aéroportuaire.»
Aéronautique Nouvel exploitant de Francazal, la division Aéroports de SNC-Lavalin débute les travaux nécessaires à la création d'une aérogare d'aviation d'affaires.