Élections consulaires : Révolution de palais à la CCIR
# Conjoncture

Élections consulaires : Révolution de palais à la CCIR

Candidat à sa propre succession, le président de la CCI de Rouen Christian Hérail a été battu par Jean-Pierre Desormeaux, ex-président de la CCI de l'Eure.

À défaut de bouleverser la vie des entreprises de la région, la nouvelle de l'élection de l'ex-président de la CCI de l'Eure Jean-Pierre Desormeaux à la tête de la toute nouvelle Chambre de Commerce et d'Industrie de Région (CCIR) fait tout de même l'effet d'une bombe dans le paysage consulaire haut-normand. Christian Hérail, président de la CCI de Rouen tout juste réélu, n'aurait probablement pas imaginé il y a quelques semaines encore une issue pareille. Candidat à sa propre succession à la tête de la chambre régionale qu'il dirigeait depuis janvier2005, il avait été l'un des plus farouches défenseurs de la réforme consulaire décidée en 2009 qui prévoit pour l'essentiel de concentrer davantage de pouvoirs au plan régional, aux dépens, dénonçaient alors les détracteurs de la dite réforme, des chambres locales jusque-là toutes puissantes. Des chambres qui sont au nombre de six en Haute-Normandie, cinq en Seine-Maritime (Elbeuf, Dieppe, Rouen, LeHavre et Fécamp-Bolbec), pour une seule et unique représentante dans l'Eure, et qui pour certaines voyaient d'un mauvais oeil cette «centralisation» régionale des compétences.




L'Eure, l'oubliée de la CRCI?

Depuis décembre dernier, avant même les premiers résultats des élections consulaires pour le renouvellement des élus dans les chambres locales, le bruit d'une candidature dissidente dans l'Eure s'était fait entendre. À peine élu à la tête de la CCI de l'Eure, le nouveau président Gilles Treuil déclarait haut et fort (dans les colonnes du Journal des Entreprises) qu'il ne souhaitait pas que son département soit l'oublié de la future chambre régionale: «si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord, alors tout est possible», avait-il prévenu. On comprend mieux aujourd'hui la position de retrait de Jean-Pierre Desormeaux, président avant le dernier scrutin, qui n'avait pas souhaité briguer un nouveau mandat à la tête de la Chambre de commerece et d'industrie de l'Eure. Quoi qu'il en soit, et malgré les appels au rassemblement du nouveau président régional élu au 1er tour de scrutin, le résultat sonne comme un sérieux désaveu pour le président de la CCI de Rouen qui attend, souligne son entourage, que son successeur «présente son programme» (!) avant de réagir publiquement. Difficile dans ces conditions d'anticiper ce que sera sa stratégie régionale et même locale, dans son fief rouennais où il n'a, semble-t-il, pas obtenu tous les soutiens qu'il espérait.




Hérail isolé?

Une chose est sûre, la composition du nouveau bureau de la chambre régionale marque la mise à l'écart, même symbolique, de la CCI de Rouen. Car outre Jean-Pierre Désormeaux et son 1er vice-président Bertrand Duboys-Fresney (Fécamp-Bolbec), on note parmi les vice-présidents, secrétaires et trésoriers, trois havrais (Vianney de Chalus, Didier Corpet et Michel Grenier), un dieppois (Dominique Garçonnet), deux elbeuviens (Dominique Bruyant et Xavier Savin), deux représentants de l'Eure (Gilles Treuil et Denis Thauvin) et un fécampois (Gilbert Fournier) pour un seul rouennais, Christian Hérail lui-même, nommé au titre de sa casquette de président de la CCI de Rouen!







Guillaume Ducable

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