Depuis 2005, le nombre d'acteurs français engagés sur la voie du commerce de chaussures en ligne s'est considérablement multiplié. La Fédération Française de la Chaussure (FFC) a publié en octobre dernier un "Premier bilan du Printemps-été 2011" sur le sujet. Elle en recense 350, qu'ils soient détaillants, pure players - Spartoo, Sarenza, Zalando notamment - ou grandes enseignes. C'est le double de 2009. «La part de marché du e-commerce dans le secteur de la chaussure a progressé de 6% en valeur depuis janvier», explique Dorval Ligonnière, responsable des études marketing à la FFC. Même si les achats par Internet ne représentent que 4% du total des ventes de chaussures, l'arrivée massive de ces nouveaux concurrents peut s'avérer être une menace, les commerçants rennais en ont pleinement conscience.
Ventes en progression
Certes, le marché de la chaussure se porte plutôt bien: le premier semestre 2011 a vu une progression des ventes du secteur de 3%, comme en 2010. Les grandes enseignes rennaises, telles que Texto ou André, sont plutôt satisfaites de leur chiffre d'affaire, malgré un mois de septembre difficile à cause d'une météo clémente. D'après une enquête menée par le GIECR (Groupement d'Information et d'étude du Commerce de Rennes), les commerçants spécialisés dans l'équipement à la personne perçoivent, au 1erjuillet, le commerce en ligne comme une menace à 28% contre 46% en 2010. En effet, la clientèle préfère le conseil personnel aux prix plus bas proposés par les sites internet. L'étude du cabinet OC & C datée du 19mai 2011 montre que l'attractivité des magasins est supérieure à celle des sites, notamment dans le secteur de la chaussure. «Ce type d'achat reste aussi un plaisir. Malgré la crise, les consommateurs se sont laissés tenter», précise M.Ligonnière. Mais les habitudes de consommation ont changé. Les clients s'informent sur internet, comparent les prix entre les marques et se renseignent auprès des autres internautes. «Le consommateur est de plus en plus à la recherche de la bonne affaire», affirme Gilles Keromnès, chargé de mission à la CCI de Rennes. Jean-Pierre Chantrel, le responsable du magasin Patt'ine spécialiste de la chaussure pour enfant, s'en inquiète: «internet est un fléau, les jeunes parents y achètent tout. Je reçois dix coups de fil par jour pour me demander un modèle en particulier, sans que la personne ne se soucie de la qualité du chaussant.»
Se mettre aux nouvelles technologies
Et ce n'est que le début. Les chausseurs rennais ont bien compris qu'ils devaient se servir d'internet comme d'un allié pour faire face à la politique commerciale agressive des pure players pratiquant des prix bas et garantissant un renvoi gratuit des colis. Depuis 2009, l'enseigne Eram a lancé sa boutique en ligne; les livraisons peuvent se faire en magasin ce qui permet aux clients de bénéficier des conseils de professionnels. De son côté, Patt'ine possède aussi son site. Les détaillants ne sont pas pour autant vouer à disparaître. Dorval Ligonnière en est persuadé: «ils doivent se servir des nouvelles technologies, comme par exemple de tablettes interactives.»
Vente en ligne Elle est en pleine expansion et le secteur de la chaussure n'est pas épargné. Les détaillants comptent sur une valeur ajoutée: le conseil client.