Direct Optic : « On teste le marché espagnol »
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Direct Optic : « On teste le marché espagnol »

Optique Distribuant des lunettes en ligne, Direct Optic s'immisce sur le marché espagnol. Explications du co-fondateur de la PME, Emmanuel Gréau.

C


omment se porte l'activité de Direct Optic ?

« Nous avons actuellement plus de cent commandes par jour, sommes rentables et sommes le leader français de la vente de lunettes de vue sur internet. On double les revenus de l'entreprise tous les ans - je ne peux pas vous donner de chiffres. C'est presque décevant parce que l'objectif, c'est de prendre des parts de marché de façon exponentielle. Le marché de la distribution de lunettes sur internet n'a pas encore vraiment décollé en France. On sait qu'il va le faire mais on ne sait pas quand. Dans certains pays comme les États-Unis, le Grande-Bretagne ou l'Allemagne, la vente d'optique en ligne représente 5 à 10 % du marché. En France, nous sommes à 1 %.


Qu'est ce qui freine l'explosion du marché français ?

Il existe des freins psychologiques et culturels comme le fait de ne pas pouvoir essayer sur internet les lunettes de la même manière qu' en magasin. Pour aider le consommateur, nous avons mis en place un système de réalité augmenté fonctionnant par webcam, offrons la possibilité aux clients d'essayer gratuitement leurs lunettes à domicile et nous avons créé un réseau de six magasins physiques. L'autre gros frein, c'est qu'on a en France la Sécurité Sociale et les mutuelles. Cela limite l'intérêt d'acheter sur internet car notre premier argument est économique. En fonction des verres, on est en effet trois à quatre fois moins cher en moyenne que les magasins traditionnels. Aujourd'hui, nous visons les personnes qui ont très peu ou pas de remboursement de mutuelles. C'est notre principale fenêtre de tir.


Vous concentrez-vous uniquement sur le marché français ?

Notre priorité, c'est d'être très fort en France. Mais on commence aussi à vendre en Espagne : le pays ne va pas bien sur le plan économique et les Espagnols n'ont pas les mêmes mutuelles qu'en France. On vient de sortir une version de notre site internet en espagnol. Depuis le début de l'année, on teste le pays.


Pourquoi ne pas vous déployer rapidement à l'étranger ?

Beaucoup d'entreprises pensent qu'une simple traduction de leur site internet suffit pour se développer à l'étranger. C'est une erreur. Si l'on veut vraiment se donner les moyens d'une croissance rentable à l'étranger sur le web, il faut que le site réponde à la culture et à la demande spécifique du pays. Nous avons fait par exemple beaucoup de benchmark sur le web mais aussi plusieurs déplacements en Espagne pour comprendre l'offre des boutiques, l'attitude des vendeurs, les habitudes locales, etc.


Quelles sont les spécificités de l'internaute espagnol ?

Les consommateurs ont moins l'habitude de faire leurs achats en ligne, il faut donc davantage les rassurer qu'en France. Les Espagnols paient aussi moins souvent avec leur carte bleue. C'est pourquoi nous leur proposons le contre-remboursement, un système où le paiement est effectué lors de la livraison de la marchandise. Les sites Espagnols tutoient le client, alors autant ne pas les vouvoyer ! Quant au service client, étant donné les habitudes de vie en Espagne, il vaut mieux ne pas le fermer avant 20 heures, voire 22 heures. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, même sur internet, il faut s'adapter à la culture du pays. Sinon, on rate des ventes. »

Direct Optic



(Sainte-Luce-sur-Loire) Dirigeants : Emmanuel Gréau et Karim Khouider 30 salariés 09 70 30 40 30

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