Belle opération d'image, cette taxation demandée par quelques très riches! Taxons Liliane si elle le veut. C'est vrai que des hauts revenus affichant des taux d'imposition plus bas que des Français moyens choquent. Mais ce n'est pas cela qui assainira les finances de l'État. Ses dépenses sont supérieures aux recettes depuis 1975. Et, de 21,2% en 1978, les dettes publiques sont passées à 84,5% du PIB... Pis, elles payent les frais de fonctionnement plus que les investissements d'avenir. Laxisme de nos dirigeants "s'achetant" des électeurs réclamant toujours plus... L'État vit à crédit. Conséquence, il se met sous la coupe des financiers et prélève toujours plus sur les ménages et des entreprises. La peur crée parfois la vertu; le gouvernement annonce des économies. La fondation Ifrap voit, elle, 30milliards de réductions de dépenses possibles (État, Collectivités et dépenses sociales). Coté recettes, l'institut repère 20milliards de cessions possibles sur les 90milliards de participations de l'État. À bien utiliser, quand on se souvient des 100milliards de privatisations reçus par l'État en 20 ans, noyés dans le flot des dépenses diverses au lieu de payer nos dettes! Natixis débusque 20milliards de niches fiscales dans lesquelles fouille aussi le Gouvernement. Tout doux, ne perturbons pas les PME (TVA à 5,5%, heures sup') et l'emploi (services à domicile). Bref, on a trouvé 70milliards. Pas mal, non? Sur un déficit 2011 prévu à 92 milliards, on commence à assainir la situation. Il est crucial de rétablir les finances publiques. Oui, les États européens pourraient imposer un moratoire aux banques. Mais quelles conséquences sur les taux, la confiance et la capacité des banques à prêter? Autre question qui se pose: faut-il assainir nos comptes en pleine crise, sans croissance, au risque de refroidir la machine économique? Mais le fera-t-on un jour si on ne le fait pas maintenant?ENTRE NOUS par Vincent Combeuil
Directeur des rédactions