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acha Bostoni, expliquez-nous le principe des «start-up week-ends»?
C'est un concept né aux États-Unis en 2007. Il part du principe qu'en réunissant des porteurs d'idées et des compétences opérationnelles sur un même lieu durant tout un week-end, il est possible de monter de véritables projets et de créer des équipes prêtes à lancer une entreprise.
Le concept arrive dans nos régions?
Le premier start-up week-end français a eu lieu à Paris il y a un an. Depuis, il y a eu deux autres éditions. Le concept vient d'être décliné à Toulouse et il va débarquer dans les prochains mois à Marseille, Lille, Bordeaux ou Nantes. Pour le porter, une association vient d'être créée.
Comment cela se déroule-t-il?
Chaque événement rassemble une centaine de participants, avec des quotas pour chaque type de compétences: porteur d'idées, développeurs, marketeurs,etc. Tout le monde se rassemble le vendredi, et les porteurs d'idées ont une minute pour «pitcher» leur concept devant l'assistance. À la fin de ces présentations, les participants votent pour les idées qui les ont le plus séduits. Dix à quinze seront conservées et des équipes vont se monter pour les développer jusqu'au dimanche soir. Trois équipes gagnantes sont alors désignées par un jury d'entrepreneurs et d'experts, avec à la clef un coup de pouce allant du coaching gratuit à la possibilité de bénéficier de locaux à prix attractif.
Les équipes sont-elles coachées?
Oui, il y a des «mentors», qui sont généralement des professeurs ou des entrepreneurs et qui interviennent pour accompagner les équipes et aider à éviter les erreurs.
Mais peut-on vraiment monter passer de l'idée au projet d'entreprise en 54heures?
L'idée, c'est surtout d'éduquer à la création d'entreprise. Les gens peuvent faire un test, sans prise de risque. En 54heures, on va pouvoir toucher les problématiques de la création, apprendre à comprendre un marché, à créer un business plan tout en faisant des rencontres professionnelles utiles. C'est une logique d'apprentissage par l'essai
Il y a des créations au final?
30% des projets portés lors des start-up week-end dans le monde ont débouché sur la création d'une structure juridique et 10% de ces sociétés lèvent ensuite des fonds. En France, Submate, un service web qui permet de faire des rencontres dans le métro, a séduit les investisseurs.
Est-ce surtout réservé aux projets web?
Le coeur de cible est effectivement situé dans les secteurs web ou mobiles. Mais il y a aussi d'autres projets, à l'image d'un groupe d'étudiants en optique qui a présenté un concept permettant d'optimiser les tests qualité des verres de lunettes.
Est-ce gratuit?
En général, chaque participant verse entre 50 et 60 € pour assister à l'événement. Cela couvre l'organisation, mais c'est un filtre pour nous assurer que les gens viennent pour vraiment bosser.