Coworking : Bordeaux entre dans la danse

Coworking : Bordeaux entre dans la danse

Organisation du travail qui allie espace de travail partagé et notion de réseau et d'échange, le coworking est le concept à la mode dans le Landerneau numérique et politique bordelais. Mairie et Cub sont dans les starting-blocks et une association vient de se créer pour définir le lieu.

Coworking. Cet anglicisme difficilement traduisible en un seul mot français est LE concept à la mode actuellement dans le milieu des travailleurs indépendants et des entreprises de la filière numérique.




Concept américain

Le coworking, kézako? «Le concept est né aux Etats-Unis il y a 4 ans, explique Antonin Torikian, délégué général adjoint de la Cantine numérique à Paris (voir article ci-contre). Le coworking regroupe deux notions: l'idée d'un espace de travail partagé et la notion de réseau, d'échange et d'ouverture.À l'origine, l'idée est de permettre aux travailleurs indépendants de ne pas rester isolés et de pouvoir trouver dans ce lieu un espace de socialisation proche du monde l'entreprise sans en avoir les contraintes.» L'avantage est également financier puisque le principe des espaces de coworking est partout le même: un lieu ouvert à tous, où on accède gratuitement à internet et où on peut disposer pour une somme souvent modique d'un bureau ou d'une salle de réunion pour rencontrer ses clients ou tenir une réunion avec des partenaires. Rompre l'isolement, travailler au contact d'autres personnes, discuter, échanger, s'entraider, créer des dynamiques C'est ce que les «coworkers» qui sont souvent des entrepreneurs individuels, des free-lances ou des créateurs de TPE apprécient. Et c'est pourquoi aujourd'hui ces espaces fleurissent un peu partout en province. Sur le modèle parisien, une Cantine numérique rennaise a ouvert ses portes le 15novembre. Suivront endécembre Nantes et Toulouse. À chaque fois, le projet est porté par une association qui gère le lieu. Le financement est mixte: pouvoirs publics et partenaires privés.




Mairie et Cub sur le coup

Quid de Bordeaux? Cette effervescence autour du concept a aussi gagné la ville. Deux associations se sont créées ces derniers mois pour promouvoir le coworking (Ndlr: elles fusionneront début décembre pour plus de lisibilité sous le nom de Bocowo). Un groupe d'indépendants a créé son propre espace de coworking à Pomerol (lire ci-dessous). Un barcamp* était organisé sur le sujet le 19novembre pour tenter de structurer le mouvement. Et les institutions, mairie et Cub, sont toutes les deux dans les starting-blocks pour créer un espace de coworking dans la ville. La mairie de Bordeaux mène une réflexion en interne depuis le printemps. Le quartier Saint-Pierre est cité pour accueillir un tel lieu. «Rien n'est encore acté, explique Antoine Bidegain, chargé de mission du projet Cité digitale. Le coworking revêt des aspects et des usages différents. Il faut étudier toutes les possibilités et savoir quelles sont les attentes des utilisateurs. Nous réfléchissons à un espace qui offrirait des services, qui serait central et qui irradierait dans le tissu économique des entreprises de Bordeaux.» De son côté, la Cub semble un peu plus avancée. Elle a ainsi missionné l'association Silicon Sentier qui gère la Cantine parisienne, pour étudier la possibilité de créer un lieu semblable du côté des Terres Neuves à Bègles. «Nous sommes prêts à accompagner un tel projet, explique Julien Birgi, chargé de projet à la Cub, mais pour nous, il devra s'inscrire plus largement dans la stratégie de développement d'une filière numérique à Bordeaux.» En clair, la Cub souhaite que cet espace de coworking soit intégré au cluster Cité numérique qui devrait être lancé par le conseil régional d'ici à la fin de l'année. Une condition pas forcément acceptée par les futurs coworkers. «C'est bien que la Cub et la mairie se soient saisies du dossier et souhaitent créer un espace de coworking. On ne va pas s'en plaindre, explique Benjamin Rosoor, le président d'Aquinum qui participait au barcamp du 19novembre. Mais il faut faire attention. S'il doit y avoir deux lieux, ceux-ci doivent être complémentaires. Mais surtout je ne suis pas sûr que cela doive venir du politique. C'est à nous de nous structurer, de nous prendre en main et de trouver un leader pour monter le projet, la question étant qui?» Réponse dans les prochaines semaines.
*Un barcamp est une rencontre qui prend la forme d'ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants.