Cooperl : Un test sur la proximité
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Cooperl : Un test sur la proximité

AGROALIMENTAIRE En rachetant le réseau de boucherie charcuterie Défi Viandes, la Cooperl s'invite sur le marché des commerces de centre-ville. Une diversification qui a valeur de test pour développer des circuits, plus directs, de distribution de ses produits.

MaxiViande, Marc Munier, Chevy, Nivernaises des viandes, Les Prairies de France. Ces noms ne vous disent sans doute rien. Pourtant, ces cinq enseignes de boucheries charcuteries de proximité vont, dans quelques semaines, passer dans le giron du leader français de la production et de la transformation porcine, Cooperl Arcatlantique. Cinq enseignes, pour 83 magasins répartis sur le quart nord-ouest de la France, dont une dizaine dans Paris intra-muros. Des points de vente propriétés de la société Défi Viandes, implantée à Herouville-Saint-Clair dans le Calvados (14) et dirigée par Francis Girault. «La structure emploie 500 salariés et a réalisé, en 2010, un chiffre d'affaires de 50millions d'euros», précise Emmanuel Commault, directeur de Cooperl AA.




6.000 tonnes sur les 475.000 tonnes annuelles

«Cette acquisition a valeur de test pour développer de nouveaux segments de marchés de commercialisation de nos produits. Toutefois, cette diversification n'est pas le début d'un virage stratégique fondamental pour la coopérative. Nous restons fidèles à nos clients actuels. L'idée n'est pas de les concurrencer. Pour preuve, le réseau que nous rachetons traite 6.000 tonnes de viandes par an, dont 12% de porcs et 18% de salaisonnerie. On est loin des 475.000 tonnes de viandes traitées annuellement par le groupe.»




Un laboratoire pour tester des innovations

Dans les faits, Cooperl Arcatlantique met toutefois les pieds dans un marché, certes nouveau pour lui, mais extrêmement stratégique. Notamment dans la gestion de marges. «Il est vrai que nous aurons un contact plus direct avec le consommateur final. Mais la recherche de circuits courts n'est pas une finalité en soi. Au travers du rachat, on peut imaginer que le réseau Distri Viandes soit pour nous un laboratoire de tests pour des innovations ou de nouveaux conditionnements relatifs à des produits élaborés vendus ensuite dans les linéaires des supermarchés.» Ce créneau de recherche de la valeur ajoutée en aval de la filière, la Cooperl s'y engouffre, activement, depuis quelques mois. Par l'intermédiaire, notamment, du redéploiement et de la modernisation des quatre unités de production de Brocéliande-ALH (ex-Unicopa).




Rééquilibrer le portefeuille d'activités

«Véritable opportunité», selon Emmanuel Commault, l'arrivée de Défi Viandes permet aussi à la Cooperl d'imaginer le fonctionnement d'un modèle économique, non plus autour de trois, mais quatre activités. «Aujourd'hui, notre chiffre d'affaires, c'est un tiers GMS, un tiers export et un tiers industrie.» Une diversification qui peut se révéler nécessaire si les distorsions de concurrence, notamment avec le proche voisin allemand, ne cessent pas. «La plainte déposée par notre collectif a été jugée recevable par Bruxelles. En attendant, aux producteurs et distributeurs de jouer le jeu en apposant le sticker Viande de Porc Française sur les produits. C'est l'unique moyen de prouver l'origine. Il en va de la survie de notre filière viande.»

Cooperl AA



(Lamballe) Président: G.Dartois Directeur: E.Commault 4.320 salariés Chiffre d'affaires 2010: 1,75milliard d'euros 02 96 30 71 23

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