Conjoncture : L'inquiétude monte
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Conjoncture : L'inquiétude monte

Les dirigeants d'entreprise s'apprêtent à vivre une année difficile. Les carnets de commandes sont en baisse et le financement devient plus problématique.

Au Medef, en ce début d'année, on réfute toute méthode Coué. «Pour l'instant, les entreprises ne vont pas moins bien. La situation est aujourd'hui moins violente qu'en 2008», observe Yann Rolland, qui préside l'organisation patronale en Loire-Atlantique. Dans le bâtiment, «l'activité est plutôt soutenue», tandis que «l'industrie résiste», constate pour sa part Bruno Lucas, président régional du Medef. Certains secteurs font même mieux que résister. L'aéronautique est en pleine forme, la manutention se reprend bien et les perspectives de la navale-en dépit d'un creux attendu au premier semestre- sont positives.




Inquiétude sur les carnets de commandes

Malgré cela, Bruno Lucas voit s'accumuler un certain nombre de nuages: «Le moral des Français baisse, tout comme le recours à l'intérim et les flux de transport, qui sont deux indicateurs déterminants». C'est surtout les carnets de commandes qui inquiètent le dirigeant mayennais. Pour les entreprises liées au bâtiment et à l'automobile, «on s'attend à des baisses d'effectifs à moyen terme», prédit Hervé Thomas, secrétaire général de l'UIMM44. Dans les travaux publics, «les collectivités nous disent qu'elles n'ont pas d'argent. Il y a une vraie inquiétude car la chute de l'activité est sensible dans la région», soutient Jean-Christophe Louvet, président de la FRTP. Inquiétudes également sur le niveau de prises de commandes des entreprises du bâtiment, notamment dans les zones rurales. Enfin, dans le Maine-et-Loire, Éric Groud, le président de la CCI, se dit «très, très inquiet» pour la filière végétale angevine confrontée à la concurrence hollandaise.




Les banques dans le viseur

Au-delà des marchés, les problématiques de financement ne rassurent pas les entrepreneurs locaux. Les banques sont les premières visées. «Leurs critères de sélection ont été resserrés. Mais même à des taux plus chers, les entreprises ont parfois du mal à trouver de l'argent», note Bruno Lucas. Notamment pour ce qui concerne les crédits à court terme. Les assureurs crédits sont aussi dans le collimateur du président régional du Medef: «Ils couvrent de moins en moins les entreprises et excluent certains secteurs comme le BTP».




Appel aux collectivités

Conscients que «les Pays de la Loire ne seront jamais un îlot de prospérité dans un océan européen en crise», les dirigeants du Medef en appellent aux pouvoirs publics. «Il faut qu'on fasse une pause dans tout ce qui est normatif. Les normes, environnementales par exemple, vont plus vite que nos capacités à nous adapter», assure Bruno Lucas. Les dépenses publiques sont également visées. «Nous demandons aux collectivités de cesser l'inflation de leurs charges de fonctionnement. Nous n'avons plus les moyens de les supporter», appuie Yann Rolland. «Il faut qu'elles montrent qu'elles soutiennent les entreprises. Nous allons aller voir l'ensemble des collectivités territoriales pour leur dire qu'il y a un certain nombre de taxes dont elles sont responsables, comme le versement transport ou la taxe locale sur les enseignes. Nous allons leur demander un moratoire des hausses», poursuit Bruno Lucas. Des petites bouffées d'oxygène que l'organisation patronale entend conforter, au plan national, par des réformes plus structurelles, comme la création de la TVA sociale ou le rétablissement du dispositif «zéro charges» pour les PME.

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