COMMENT J'AI FAIT
# Industrie # Investissement

COMMENT J'AI FAIT

«Au moment de concevoir notre nouveau siège social, nous nous sommes dit que, pour une fois, ce ne serait pas le coordonnier le plus mal chaussé. Je voulais des bureaux qui incarnent notre projet d'entreprise: le mieux travailler ensemble. Notre métier consiste à mettre constamment en relation des savoirs. Si vous placez chacun dans un terrier, vous compliquez ces relations.




Associer les salariés J'ai décidé, contre vents et marées, y compris au sein de mon comité de direction, le choix d'un espace ouvert et paysager sachant qu'en moyenne deux salariés sur trois préfèrent travailler en espace fermé. Mais, il y a peu de circonstances en entreprise qui obligent d'être masqué. Nous avons associé salariés, CHSCT et délégués du personnel à travers un questionnaire et un site de dialogue. Ils ont pu tester des meubles prototypes. Sur appel d'offres, nous avons travaillé avec le cabinet Elements, à Paris. Une étude a été faite par un acousticien. Nous avons noué un dialogue constructif avec l'architecte et j'ai nommé un chef de projet, un ingénieur occupé à 50% sur l'opération pendant un an. J'ai été ferme sur trois objectifs incontournables: l'espace paysager pour tous, aucun compromis sur la qualité de vie et le confort et la création d'espaces permettant de retrouver de l'intimité. Tout le reste pouvait être discuté. Nous avons abattu les cloisons, sans faire d'économies de surfaces, sur 2.400m² et trois étages. Nous avons conservé le même ratio que des bureaux fermés, soit 12 à 13m² par personne. Notre moquette acoustique coûte trois fois plus cher qu'une moquette standard, mais le total ne coûte pas plus que si nous avions cloisonné car nous sommes partis d'un budget standard profitant des économies liées à notre bâtiment HQE et BBC.

Des bulles de retrait

Nous avons besoin de communiquer 90% du temps. Parfois, nous avons une info plus confidentielle ou une conversation plus privée. Pour éviter l'effet de volière ou que les gens se précipitent dehors, nous avons créé de nombreux espaces permettant de s'isoler ou de se rassembler. Nous avons inventé des lieux de vie, comme des bulles individuelles de retrait connectées à internet. Chacun peut y venir quand il le souhaite, y basculer sa ligne, surfer... Nous avons fait des choix qui vont très loin. Dans les salles dites de passage, les sièges sont moins sympathiques pour ne pas privatiser trop longtemps l'espace. Les sièges sont plus confortables dans les espaces de réunion. Nous avons aussi des salariés nomades, sur chantiers. Il n'y a donc pas autant de postes que de personnes. Ce qui permet de dégager de l'espace individuel. Pour nos postes d'études, nous avons conçu des meubles métiers qui n'existent pas sur le marché comme une table motorisée et magnétique qui se relève pour travailler sur plans. Pour casser le bruit, les matériaux des meubles sont résilients absorbant 80% des réverbérations. Ici, on peut écrire sur les murs effaçables pour des gains de papier. Il y a beaucoup de surfaces vitrées pleine hauteur. Au coeur du bâtiment, pas besoin de lumière artificielle. Tout le monde se voit, se parle, se salue. Il y a une fluidité extraordinaire dans le comportement. Des services fonctionnent mieux. Sous le regard du collectif, les gens s'autodisciplinent. Je suis bluffé par le résultat. Les salariés ont apprécié d'être considérés. Ils sont fiers de leurs bureaux.»


Géry Bertrande

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