N'ayant aucun pouvoir fiscal, la région n'a pas grande marge de manoeuvre pour ce budget, qui doit être voté à la mi décembre. Elle s'est donc tournée vers un marché obligataire particulièrement attractif depuis le Brexit pour financer ses emprunts. C'était sans compter sur l'élection inattendue de Donald Trump qui a changé la donne. Depuis qu'il est devenu président des États-Unis, les taux français ont plus que doublé, passant de 0,3 % il y a encore un mois, à 0,76 % fin novembre, rendant le recours à l'emprunt un peu moins attractif pour la Région. « Les taux restent tout de même encore très bas et attractifs, cela ne va pas modifier notre stratégie », précise-t-on au Conseil régional.
« Cela ne va pas modifier notre stratégie »
Tout est parti des États-Unis avec un taux à 10 ans qui a rapidement bondi dès l'élection du nouveau président, les investisseurs anticipant une forte hausse de l'inflation causée par le programme économique de Donald Trump. Aussitôt, la contagion a pris en Europe et en France sur les marchés obligataires.
Valeur refuge
Or c'est justement sur ce marché que la Région compte massivement emprunter. Depuis le Brexit, le marché des obligations joue en effet un rôle de valeur refuge avec des taux tombés jusqu'à 0,1 %. Une aubaine financière pour le Conseil régional, qui, avec la Loi Notre, récupère des compétences des départements et qui ne peut par ailleurs compter sur aucun pouvoir fiscal. La Région, qui va d'ailleurs renforcer la gouvernance financière de la collectivité, peut tout de même compter sur un taux Euribor qui n'a pas été impacté par l'élection américaine et qui devrait continuer à baisser jusqu'à l'été 2019.
Un financement bancaire a minima
Le financement bancaire, lui, restera minime. Il se limitera à 20 millions d'euros, soit moins de 10 % des nouveaux flux tandis qu'en parallèle, la Région amortira près de 50 millions d'euros d'emprunts bancaires soit près de 50 % de l'amortissement de la dette régionale en 2017. À noter que le Conseil régional doit prendre en compte, dans son budget, 2,2 milliards d'euros de restes à payer en investissement. Pour tenir les finances, Bruno Retailleau a promis de réaliser 100 millions d'économies de fonctionnement sur l'ensemble de son mandat.