Cimulec : Le miraculé des circuits imprimés
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Cimulec : Le miraculé des circuits imprimés

À l'occasion des trente ans de Cimulec, Jean-Pierre Lucas, son fondateur, a passé la main à Laurent Bodin, son directeur général et gendre, et à François-Xavier Lucas, son directeur commercial et fils. Ensemble, le duo entend bien poursuivre le développement de la PME familiale spécialisée dans la fabrication de circuits imprimés de haute technologie. Guénola Rivière

En 1979 lorsque Jean-Pierre Lucas décide de créer son entreprise, deux sites s'offrent à lui. La Ciotat sur la Côte d'Azur et Ennery en Lorraine. Contre toutes attentes, les charmes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ne séduisent pas l'ancien cadre de Dassault Electronique qui installe Cimulec à quelques encablures de Metz.




Entre 40 et 50% du CA sont réalisé à l'export

Son métier, fabriquer des circuits imprimés multicouches, rigides, flex-rigides et spéciaux à destination des marchés de l'industrie militaire et de l'aéronautique. Parmi ses clients, Safran, MBDA, Thalès, Thalès Alenia Space (Alenia), Astrium ou encore Elettronica, Northrop Grumman Italia, Eads, Terma et Bharat electronics. «Nous réalisons entre 40 et 50% de notre chiffre d'affaires à l'export. Nous sommes présents en Allemagne, Italie, Espagne, Danemark, Angleterre, Autriche, Grèce, Turquie, Israël et depuis 2009 en Inde», précise François-Xavier Lucas, directeur commercial de Cimulec qui reconnait avoir des vues sur le marché russe.




Pas de one-shot

Positionnée sur une véritable niche où Cimulec compte parmi les leaders du marché, l'entreprise travaille ainsi pour différents programmes militaires et civils. «Nous ne sommes pas configurés pour le marché du grand public qui est destiné à terme à partir dans les pays low-cost. Le one-shot ne fait pas partie de notre stratégie», souligne François-Xavier Lucas. La PME Lorraine s'est effectivement spécialisée sur la fabrication de petites et moyennes séries de haute technologie. «Chez nous l'unité est le micron et certains de nos circuits imprimés nécessitent jusqu'à quatre mois et 380 opérations pour leur mise en oeuvre.» Circuits qui équipent le Rafale et le FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrées), la tenue des soldats français. «Sur le plan européen, nous sommes qualifiés pour le programme de l'Eurofighter», ajoute le jeune directeur commercial.




Redresser la barre

Partie avec une poignée de salariés issus de la sidérurgie en 1979, Cimulec va, au fil des ans, se développer, s'agrandir et racheter CSI Sud-Ouest à Toulouse. Elle comptera même jusqu'à 110personnes sur le seul site d'Ennery. L'histoire ressemble à une success story... Pourtant, en 2004, tout bascule. Mise en redressement judiciaire suite à des problèmes techniques, elle voit ses clients militaires prendre la poudre d'escampette tout comme ses clients à l'export. Pour relever la tête, des mesures sont prises. Les effectifs sont réduits et la stratégie recentrée. Entouré de son gendre Laurent Bodin, aujourd'hui directeur général de Cimulec, et de son fils, François-Xavier Lucas, Jean-Pierre Lucas parvient à redresser la barre. La société sort du redressement judiciaire en 2005. Une victoire... plus que cela, un miracle, peu sont ceux qui effectivement parviennent à remonter la pente suite à ce type de coup dur.




Recommencer à embaucher

«Les clients nous ont soutenus», précise François-Xavier Lucas. D'autres qui leur avaient tourné le dos, reviennent et Cimulec recommence à embaucher. «De 66, nous sommes passés à 72. Notre objectif étant de développer un volume d'affaires suffisant pour fonctionner à 80 - 90 personnes».

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