Certains crieront à la trahison, d'autres loueront son sens tactique. En tout cas, six ans après son élection à la présidence de la chambre de métiers et de l'artisanat des Côtes-d'Armor, le président sortant Louison Noël a réussi son coup. Celui qui consistait à s'allier avec ses adversaires d'hier pour battre ses anciens colistiers UPA. « J'ai fait le choix de l'union au service des artisans, de l'apprentissage et du dynamisme de notre filière. J'ai entendu les attaques personnelles sur mon opportunisme et mon côté girouette politique. J'ai répondu point par point et démontré, par la réussite de la liste que je conduisais, que nos ressortissants ne s'intéressaient pas à ces querelles de clochers. »
Un bastion historique UPA
Sauf surprise, Louison Noël, tête de liste de la liste « Fiers d'être artisans », porté par le collectif national Artisans de notre avenir, devrait être reconduit pour un mandat de cinq ans le 7 novembre prochain. « Pour la FFB qui pilote depuis 1992 cette liste alternative, c'est une vraie réussite, précise Jean-François Hervé, secrétaire général de la FFB 22. Nous avons réussi à convaincre de nombreuses familles, comme les restaurateurs ou les professionnels de l'automobile, de la pertinence de nos propositions. Ce soutien a été décisif. » Du côté de l'UPA 22, qui avait fait de la CMA des Côtes-d'Armor son bastion historique, la déception est réelle. « C'est un échec personnel mais la politique a gagné aujourd'hui », ajoute Erlé Boulaire, tête de liste UPA 22. Dans le détail, Louison Noël et ses colistiers totalise 57,71 % des suffrages (1.063 votants) contre 42,29 % pour leurs rivaux de l'UPA (779 voix) qui ne conserve que cinq représentants dans la future assemblée. ADNA rafle 20 sièges ce qui lui donne une majorité nette pour piloter la chambre consulaire jusqu'en 2021.