CGPME : Pourquoi elle refuse une union avec le Medef Loire

CGPME : Pourquoi elle refuse une union avec le Medef Loire

Un mois après la proposition inattendue de Laurence Parisot, les prises de position sont toujours vives dans la Loire. Même si les deux organisations patronales entretiennent aujourd'hui des relations cordiales, la CGPME Loire n'est pas favorable à une union avec le Medef.

Tout a commencé le 13mars dernier, lorsque Laurence Parisot a, de manière tout à fait inattendue, proposé une absorption de la CGPME par le Medef afin de constituer un syndicat patronal plus fort face aux exigences du futur gouvernement. Une déclaration fracassante dans un contexte tendu par un affrontement entre les deux organisations autour de la question de la représentativité patronale. Question tranchée brusquement par l'UIMM, proche du Medef, qui a décidé d'interrompre ses cotisations trimestrielles à la CGPME. Si la présidente du Medef a dernièrement atténué ses propos, elle n'est toutefois pas revenue en arrière et reste persuadée qu'un rapprochement constituerait une bonne opération pour les entreprises françaises.




Des relations cordiales

Dans la Loire, la joute entre Laurence Parisot et Jean-François Roubaud, le patron de la CGPME, n'a pas laissé indifférent. Sans surprise, chacune des deux organisations ligériennes s'est positionnée dans la lignée de son président national respectif. «Je ne crois pas qu'une fusion aurait un intérêt. Je ne vois pas comment une organisation peut défendre aussi bien les donneurs d'ordre que les sous-traitants. Leurs problématiques peuvent être radicalement différentes», s'insurge Daniel Villareale, le président de la CGPME. De son côté, le patron du Medef Loire ne va pas aussi loin que Laurence Parisot mais émet plutôt l'idée de la constitution d'un comité de liaison interprofessionnel qui permettrait aux deux organisations de discuter et d'avancer des propositions communes. «Un rapprochement serait compliqué, c'est vrai, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas l'envisager!», sourit Éric Le Jaouen. Et de préciser: «Aujourd'hui, il y a autant de petites entreprises au Medef qu'à la CGPME, et dans la Loire encore plus, je suis bien placé pour le dire! On défend mieux les intérêts des petites entreprises lorsqu'on les fait discuter en direct avec les grosses plutôt qu'en aboyant à côté. La question de la représentativité patronale va se poser, alors autant prendre les devants. D'autant que les entreprises elles-mêmes ne s'y retrouvent plus dans ce millefeuille. Entre les grappes, les syndicats, les clubs..., on est arrivé à une situation où on est moins puissant parce qu'on est trop nombreux! Je pense franchement qu'un rapprochement aurait du sens». Au-delà de la confrontation d'idées, Éric Le Jaouen et Daniel Villareale reconnaissent entretenir des relations plutôt cordiales. CGPME et Medef Loire parviennent, depuis quelques années, à mieux travailler ensemble. À la CCIT de Saint-Étienne par exemple où elles ont fait liste commune derrière l'ex-président de la CGPME, André Mounier. «Nous ne sommes pas toujours d'accord mais nous parvenons à faire avancer les choses ensemble à la CCI», assure Éric Le Jaouen. À Roanne, la situation est plus conflictuelle et la CGPME a préféré se retirer lors des dernières élections. «Le problème, c'est qu'on ne se connaît pas bien», regrette Véronique Madelrieux, la présidente du Medef Roanne, entité indépendante du Medef Loire. Plus largement, les deux organisations se sont donné la main ces derniers mois sur des dossiers liés à la défense du territoire: l'A45, la démarche attractivité... Les arrivées d'Éric Le Jaouen à la tête du Medef Loire en 2010, patron d'une TPE de services, et de Daniel Villareale, président peut-être plus consensuel que ses prédécesseurs, semblent avoir joué un rôle majeur dans cet apaisement des relations. Un apaisement qui pourrait favoriser un rapprochement. Malgré tout, une concurrence forte reste de mise entre les deux syndicats. Ils sont tous les deux bien implantés dans la Loire: la CGPME grâce au nombre important de ses adhérents directs, le Medef grâce au poids de ses branches affiliées dont l'UIMM et au nombre de ses mandats patronaux. Depuis l'ère du charismatique et médiatique André Mounier, la CGPME jouissait d'une notoriété supérieure à celle du Medef, considéré par certains patrons comme trop attaché à de vieilles valeurs. L'élection d'Éric Le Jaouen a changé la donne. Il a impulsé un nouveau souffle à l'organisation patronale. Du coup, les rapports de force pourraient bien évoluer dans les prochaines années. Bien sûr, les deux syndicats locaux se conformeront aux orientations nationales mais dans la Loire, le leadership d'un éventuel unique syndicat sera disputé!