Thierry Schimpff est un connaisseur du concept. Ex-journaliste, ex-directeur de concession automobile, ce quinquagénaire n'en est pas à son premier coup d'essai pour faire travailler ensemble des professionnels d'un même secteur. «J'ai commencé par un collectif de cidriers, puis des magasins d'arts de la table, des chausseurs, des esthéticiennes, etc. Avec une idée simple: tout en restant indépendant, se regrouper pour mieux communiquer et mieux acheter.»
Mieux séduire les clients
Depuis janvier2010, Thierry Schimpff pilote également une initiative originale en centre-Bretagne visant à rapprocher 13 commerces multiservices. Coccinelle à Plessala, Le café des Sports à La Prénessaye, Le Bleiz-Mor à Saint-Gilles du Mené, etc. Tous ont la particularité de représenter l'un des derniers espaces de vie de ces territoires ruraux. «Avec les problématiques que l'on connaît: baisse du nombre d'habitants et difficultés à maintenir un niveau d'activité suffisant pour que le commerce reste ouvert.» Partant de ce constat, le groupe des 13 teste, depuis deux ans, différentes stratégies de travail en commun leur permettant de réaliser des économies d'échelle. «Le premier chantier a été de les amener à mieux communiquer sur leurs prix, pas forcément en si fort décalage avec la grande distribution, ainsi que sur la qualité et la variété de leur offre.»
Un partenariat avec Aldouest
Dans ce contexte, le réseau s'est rapproché du grossiste Aldouest à Landivisiau qui lui fournit des gammes de produits bretons. «De là découlent de nombreuses animations menées avec l'association Produit en Bretagne. Des essais qui ont globalement satisfait les patrons des multiservices.Ils ont pu fidéliser, voire même reconquérir pour plusieurs, des clients.» 2012 marquera toutefois une nouvelle étape dans cette collaboration centre-bretonne. «Les fonds Odesca viennent de s'arrêter et il est nécessaire de trouver des relais pour équilibrer un budget de l'ordre de 20.000euros.»
Ouvrir le réseau
L'ouverture du réseau a un plus grand nombre est envisagée, d'autant que la cotisation reste minime (30euros par an). «À cela s'ajoutent toutefois des participations aux opérations communes. Être plus nombreux, même en allant sur des territoires proches de Saint-Brieuc ou Guingamp, nous permettra de peser encore plus face aux fournisseurs.» Il en va de la survie d'une initiative originale pour sauver ces commerces ruraux de proximité dont les niveaux d'activités, pour la plupart, ne dépassent pas les 200.000euros annuels.
Multiservices
(Le Gouray)
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