C’est la troisième médaille d’or en quatre ans que remporte la PME de La Montagne pour ses inventions. Le Centre d’Essai pour Moules d’Injection a obtenu la plus haute distinction du Salon international des inventions de Genève pour sa dernière innovation, le CEMI Bike, un vélo pliant, électrique et connecté, fabriqué en plastique. « L’idée vient d’une problématique personnelle. Je fais du bateau, et je cherchais une solution pour emmener un vélo à bord, je ne trouvais pas de petit vélo léger, électrique, pliable, alors j’en ai créé un », explique Thierry Bonneau, fondateur et P-dg de Cemi. Du guidon au cadre en passant par la selle, presque tout le vélo qu’il a créé est fabriqué en injection de matière plastique, et tout est fabriqué dans ses locaux. Du 100% Made in France. Une volonté du P-dg. « Souvent mes clients n’y croient pas, je pense à installer des caméras dans nos locaux pour leur prouver », plaisante-t-il. Le principal avantage de sa dernière invention, c’est le poids. « Le vélo est deux fois moins lourd qu’un vélo électrique classique en acier ou aluminium », explique Thierry Bonneau. Le coût est aussi moindre. « Il faudra compter entre 1.400 et 1.800 euros alors que le coût moyen tel vélo est plutôt de 2.000 à 3.000 euros actuellement », précise le P-dg.
Il cherche à lever 500.000 euros
Le Cemi Bike est encore un prototype que son créateur espère vendre en 2018. Pour cela, Thierry Bonneau cherche à lever 500.000 euros. « J’aimerais bien trouver un industriel avec qui partager la fabrication », précise-t-il. S’il sait fabriquer chacune des parties, c’est l’aspect montage qui va lui demander du temps. Il compte commencer les démarches pour la levée de fonds à la rentrée, en septembre. Il espère vendre plus de 1.000 produits par mois et tripler ainsi son chiffre d’affaires. Il vise le marché du nautisme, des camping caristes mais aussi des urbains. « Je voudrais vendre le vélo en marque blanche à des fabricants de campings car ou de bateau », explique-t-il.
C’est la troisième fois qu’il ramène une médaille d’or du Salon international de Genéve. Il avait déjà été récompensé pour la lampe industrielle InovLed utilisé dans l’industrie et l’aviculture, et aussi pour le porte-casque séchant et parfumant. Ce passionné, qui a commencé comme tourneur dans la fabrication de moules, adore inventer et créer.
20% du chiffre d'affaires avec des start-ups
C’est donc naturellement qu’il a commencé à travailler avec des start-ups de la région. Une part de son activité qui représente désormais 15 à 20% de son chiffre d’affaires. La plupart de temps, cela commence par la création d’un prototype pour une jeune entreprise qui veut lancer un objet connecté. « On arrive à être réactif par rapport à leur demande, à la fois en terme technique et en coût, on est aussi compétitif que la Chine », explique Thierry Bonneau. Pour sa dernière collaboration avec une start-up, il a travaillé, pendant ses congés, sur la création d’un produit : « j’ai mis moins d’une semaine entre le cahier des charges et le prototype ». Un effort qu’il espère bientôt payant : « on se dit que sur dix start-ups, on a une chance de tomber sur la pépite qui va produire en masse », explique-t-il.
Pour l’heure, Cemi qui travaille majoritairement en sous-traitance pour l’industrie, l’électronique, l’agro-alimentaire et le médical, affiche un chiffre d’affaires en hausse par rapport à 2015, à 1,7 millions d’euros. Une performance alors que l’entreprise a totalement brulé en 2016 et qu’il a fallu tout reconstruire en 6 mois. « On a perdu 70% de nos clients, il a fallu batailler », se rappelle le dirigeant. Il affiche une rentabilité de 10%. « C’est plutôt un bon ratio dans notre secteur », conclut Thierry Bonneau.