L'homme se veut discret à l'image de son entreprise. Patron de Couédic Madoré Holding, Christophe Madoré s'autorise enfin à évoquer la "success story" de cette société costarmoricaine. Historiquement positionnée sur le créneau des équipements d'abattage, elle est parvenue, en moins de vingt ans, à se hisser au huitième rang des groupes hôteliers français. «Nous n'avons jamais eu le culte de la personne. Davantage celui du travail bien fait et de la qualité du service offert à nos clients.»
Croissance grâce à une crise
Et c'est sur une crise, celle de 1992 avec les événements de la guerre du Golfe, que va se construire l'histoire de Brit Hôtel. «Beaucoup d'établissements hôteliers se sont trouvés à l'époque exsangues car les propriétaires avaient acheté en crédit-bail. Mon père et ses associés souhaitaient investir dans la pierre. Mais une pierre active. Notre trésorerie nous a permis de racheter deux premiers établissements en Ille-et-Vilaine, Le Castel à Rennes et l'Hôtel Inn à Saint-Grégoire.»
Les industriels se frottent alors à un nouveau monde dont ils souhaitent maîtriser toutes les arcannes, notamment celles de la commercialisation auprès des entreprises, cibles premières du réseau. «Nous avons appris le métier pas à pas avec cette volonté de conserver notre indépendance. Tous nos développements en propre se font encore aujourd'hui avec le souhait de rester les seuls maîtres à bord.»
120 hôtels en 2012
Rapidement le succès est au rendez-vous. La marque Brit Hôtel est créée dans la foulée même si la volonté que chaque établissement garde conjointement son nom d'origine est actée. «Le caractère hétérogène de notre réseau est une force. Aucun ne se ressemble mais tous répondent aux mêmes exigences qualitatives.» En 1997, deux holdings sont créées: l'une tournée vers le développement des hôtels (CMH) et la seconde vers les métiers de l'équipement et du BTP (ICB). «La cession s'est faite en famille. Nicolas Couédic, un ami Michel Lerat et moi-même avons racheté à CMH la quasi-totalité des activités industrielles. L'argent dégagé par la vente a ainsi permis de donner un coup de fouet à notre expansion hôtelière.» De 11 établissements en 2001, le réseau compte aujourd'hui 120 établissements, dont 105 propriétés d'indépendants. «Nous développons des projets en direct comme autant de têtes de ponts pour nous faire connaître et s'implanter dans de nouvelles régions.L'idée est désormais de se développer à l'Est de l'Hexagone. Le Touquet, Dijon, La Ciotat font partie de nos prochaines ouvertures.»
Construire pour durer
Pour parvenir à son objectif d'une croissance minimum de 20 ralliements par an, Christophe Madoré a également profité de 2011 pour muscler sa filiale Brit Hôtel Développement, basée à Rennes. «Nous avons une centrale de réservation qui monte en puissance, des commerciaux sur le terrain qui prospectent aussi bien des hôteliers intéressés que des entreprises locales pour leur proposer nos offres. Une animatrice réseau a été recrutée pour suivre nos adhérents. Car attention, l'idée n'est pas de grossir pour grossir et se vendre à un fonds de pension. Je n'ai que 47 ans Je veux construire quelque chose qui dure dans le temps.»
Brit Hôtel
(Loudéac) Président: C.Madoré 900 salariés (220 en propre) Chiffre d'affaires consolidé 2011: 52millions d'euros (16M€ en propre) 02 99 14 97 50