Bernard Helle est le P-dg de Peignage Dumortier. Pendant la crise, il n'a pas réussi à convaincre les banques de soutenir son entreprise, qui a déposé le bilan en 2009. Assainie, elle présentera en avril un plan de continuation au tribunal de commerce. Retour d'expérience.
Pourquoi avoir fait appel à votre banque ?
Fin 2008, nous étions confrontés à un ralentissement brutal de notre activité, concomitant à la crise financière. Nous travaillons pour des grands comptes chimistes, dans la préparation et la transformation de fibres. L'activité est divisée par deux et les délais de paiement augmentent : nous sommes confrontés à un effet de ciseau.
Les banques ne vous ont pas suivi ?
Nous avons eu des échanges assez vifs. Je n'ai pas réussi à convaincre : je suis un peu le contre-exemple. Nous avions des garanties immobilières, la garantie Oséo sur 90%, celle de la SEM qui s'engageait à racheter l'activité si cela tournait mal. Il y avait le contexte : les banquiers étaient en plein doute et en crise eux-mêmes.
Quel est votre conseil aux chefs d'entreprise ?
Quand un banquier n'a pas faim, vous ne lui donnerez pas soif ! Il ne faut pas cacher les choses, ses difficultés et jouer la transparence. Inutile d'enjoliver le prévisionnel. Il ne faut pas hésiter à aller avoir Oséo en amont. C'est aussi une affaire de personnes, du feeling, de l'intuitif. J'ai été gestionnaire entreprise dans une banque jusqu'en 1991: il y a toujours des clients qui m'appellent pour me demander conseil ! Cela m'est arrivé de refuser des financements : ils faut expliquer qui a décidé et pourquoi.