Placé sous procédure de sauvegarde au début de l'été 2009, l'éditeur de logiciels Athic a depuis repris des couleurs. Sous la houlette de son directeur général Antonio Pouyer, soutenu par l'entrée au capital du groupe belge Fedaso en février2010, la PME pavillaise s'est d'abord recentrée sur ses métiers historiques, la création et l'intégration de logiciels permettant l'automatisation du traitement des moyens de paiement.
Ouverture d'une filiale au Maroc
En décrochant en octobre de la même année un marché record au Brésil pour le compte de la première banque privé du pays, Bradesco, Athic confirmait ainsi son statut d'opérateur de référence sur le marché. Au nez et à la barbe des grands noms internationaux du secteur, Bull en tête, qui lorgnaient sur les quelque 3,3millions de documents dématérialisés à traiter quotidiennement au sein du réseau des agences de Bradesco.
Le coup d'essai a porté ses fruits au point que l'entreprise normande espère concrétiser en 2012 d'autres affaires au Brésil, troisième pays consommateur de chèques au monde, «dans le domaine bancaire, les assurances et aussi plusieurs ministères», annonce Antonio Pouyer. Des projets dont la réalisation devrait pousser Athic à ouvrir une filiale dans le pays dès cette année, probablement à Sao Polo, siège de son client historique.
En réalisant un chiffre d'affaires de 6,2M€ en 2011 - «et un résultat net positif», précise le dirigeant- Athic a atteint les objectifs qu'il s'était fixés. L'entreprise pavillaise emploie aujourd'hui soixante-dix personnes dont soixante en Normandie et une poignée au Maroc où la PME a ouvert en 2011 une filiale qui intervient principalement pour d'autres entités du groupe Orone constitué par le rapprochement d'Athic et du Belge Fedaso, que sont Procheck et Sagma (ancienne filiale d'Athic) ainsi que pour le groupe Fedaso lui-même.
S'affirmer au plan régional
Des réalisations qui ne font pas perdre de vue à Antonio Pouyer l'importance de renforcer la présence régionale d'une entreprise fondée en 1994 à Pavilly. Pour le dirigeant, le constat est simple: «en dehors de la Matmut, nous avons relativement peu de clients en Normandie, concède-t-il. Nous avons donc décidé d'en faire un axe fort de notre développement en renouant nos partenariats avec les écoles d'ingénieurs et de commerce de la région, en recrutant des forces commerciales qui connaissent bien le territoire» et en prenant part aux travaux du pôle de compétitivité bas-normand TES (Transactions Électroniques Sécurisées) «sur le sans contact, le coffre-fort électronique et bien évidemment la dématérialisation». Toujours dans le cadre de son nouveau plan stratégique («Indigo 2014»), Athic a décidé de scinder ses deux activités principales, l'édition de logiciels et l'activité de services IT (infogérence, conseil...) pour plus d'efficacité explique son dirigeant, mais sans faire l'impasse sur les complémentarités existantes.
Deux projets de croissance externe à finaliser
Des actions qui doivent permettre de consolider la croissance organique de l'entreprise parallèlement à un vaste chantier de croissance externe débuté l'an dernier: «nous avons étudié en 2011 entre dix en quinze dossiers, reconnaît Antonio Pouyer. Idéalement, nous souhaiterions en retenir deux, un dans l'édition de logiciels et l'autre dans le domaine de l'intégration». Des dossiers ciblés en France et notamment dans la région. «Mais cela dépendra des opportunités», lâche le directeur général d'Athic.
Guillaume Ducable
informatique. La PME pavillaise veut reprendre sa marche en avant en 2012 à travers le renforcement de sa présence au Brésil ainsi que par des opérations de croissance externes ciblées en France.