Apollinaire pilote SOCLE, un projet collaboratif qui doit valider de nouveaux matériaux et procédés composites avant leur industrialisation. Les applications visées relèvent de l'aéronautique, de la défense et du spatial. L'entreprise présente cette démarche comme une réponse aux enjeux de souveraineté industrielle de ces filières.
Des exigences techniques accrues pour les composites
Selon l'entreprise, l'aéronautique, la défense et le spatial imposent aux composites des exigences de plus en plus élevées et combinées. Elle cite une tenue à des températures supérieures à 300 °C en pointe et une transparence électromagnétique. S'y ajoutent la durabilité et l'intégration de matériaux biosourcés, en lien avec des objectifs de décarbonation.
Sa réponse : des composites dits « fonctionnalisés ». Ils couplent résistance thermique, permittivité radiofréquence et résistance au frottement, sans perte de performance mécanique ni alourdissement des pièces.
Cinq axes de travail et quatre partenaires normands
SOCLE est financé par l'Union européenne et la Région Normandie et comporte cinq volets. Le 29 juin 2026, la Région a attribué une aide totale de 693 950 euros, dont 367 396 euros de crédits européens. Elle soutient les acteurs du projet, au titre du dispositif « Innovation en collaboration ». Le communiqué de l'entreprise ne précise pas la durée du programme.
Le premier volet analyse comment les résines, les fibres, les charges et les procédés se combinent pour déterminer les performances. Le deuxième développe des composites cumulant tenue thermique, transparence radioélectrique compatible avec les radômes et résistance au frottement et à l'abrasion. Cette dernière doit offrir une alternative aux solutions fluorées. Le troisième caractérise les matériaux, notamment sous l'angle du feu et du vieillissement, et examine plus particulièrement ce qu'apportent les fibres de lin.
Le quatrième vise à mettre au point des moyens de mesure des propriétés radiofréquences des composites. Il doit aussi déterminer si un futur centre de compétences radiofréquence dédié aux composites serait viable, et à quelle échelle. Le cinquième teste la faisabilité de procédés de fabrication alternatifs. Il doit ouvrir la voie à d'autres architectures de composites et à une fabrication plus facile à adapter.
Quatre acteurs normands accompagnent l'entreprise : le CIMAP (Centre de recherche sur les ions, les matériaux et la photonique), FILIX SAS, le GPM (Groupe de physique des matériaux) et l'INSA Rouen Normandie. Leurs tutelles, à savoir le CEA, le CNRS, l'ENSICAEN, l'Université de Caen et l'Université de Rouen Normandie, sont également associées.
Recrutements et investissement matériel après la reprise
L'entreprise, immatriculée au RCS de Dieppe en 2015 et comptant Safran et MBDA parmi ses donneurs d'ordres, annonce le recrutement d'une ingénieure coordinatrice et de deux alternants. Elle étoffe également son parc machines avec de nouveaux équipements de production et de caractérisation, représentant un investissement global d'environ 250 000 euros.
Ce lancement intervient un an après la reprise de la société par Samuel Cutullic, ancien responsable recherche, technologies et innovation pendant treize ans au sein de Normandie AeroEspace (selon La Gazette Normandie). Le dirigeant a fait de la R&D le cœur de sa stratégie afin de renforcer le positionnement haut de gamme d'Apollinaire Composites sur le marché des matériaux fonctionnalisés sur mesure et de se démarquer de la concurrence.